La vie est belle! (Le NIC) - Le Samedi 19 Mai 2012

Rencontre de médecins catholiques canadiens

Pour une pratique en accord avec la conscience

Au début de mai, environ 90 médecins, infirmiers, infirmières et étudiants en médecine se sont réunis à l’Hôpital Élisabeth-

Bruyère d’Ottawa. Ils venaient de la Colombie-Britannique à la Nouvelle-Écosse, incluant des délégations importantes des villes de Montréal et de Québec. Il s’agissait de la première rencontre des Guildes de la Fédération canadienne des médecins catholiques.


De gauche à droite: Mgr Terrence Prendergast, s.j., Dr Mark Basic (Montréal), Dr Francois Primeau (Québec), M. Andrew Helmers (étudiant en médecine à McGill).

Deux éléments ont donné l’impulsion pour restaurer les liens: le besoin éprouvé de faire en sorte que sa foi soit un apport à la fraternité médicale, et les menaces imminentes envers les médecins qui pratiquent la médecine en conformité avec les principes déontologiques catholiques.

Les médecins catholiques sont inquiets devant certains courants de la société contemporaine qui veulent les forcer à poser des gestes professionnels opposés aux préceptes de la conscience. D’où le titre du congrès: «La conscience et le médecin catholique».

On peut jauger la teneur de la première rencontre annuelle à partir des titres des principaux entretiens: John Haas (Centre national de bioéthique catholique, Philadelphie), La conscience: ce qu’elle est, comment elle fonctionne; Douglas Farrow (U. McGill), Médecins sans frontières: exciser la conscience, émasculer la médecine; François Pouliot, O.P. (U. Laval), Conscience et coopération; José Pereira (U. d’Ottawa), Travailler à l’ombre du suicide assisté légalisé: expérience et leçons de la Suisse; Maria Kraw (U. de Toronto), “Humanæ Vitæ” après 40+ ans. Des séances séparées se sont déroulées pour les étudiants en médecine, les personnes oeuvrant en médecine familiale, en gériatrie ou en pédiatrie.

Dans la session d’affaires, ils ont décidé de tenir leur prochaine réunion à Montréal au printemps de 2010.

Samedi matin, François Pouliot, O.P., médecin et théologien, a célébré la messe pour le groupe. J’étais heureux de participer à la rencontre comme conseiller spirituel, d’assister aux séances générales, de célébrer la messe de clôture dimanche matin et de donner une brève allocution lors du souper festif de samedi.

Les rencontres entre pairs sont essentielles pour raviver ses propres convictions, pour discuter de points importants, pour tirer parti de l’expérience de ses confrères et consoeurs. Les entretiens aident à clarifier certains points, ou à poser des questions qui font avancer la recherche.

Toutefois, le médecin praticien se trouve toujours devant des personnes. Leur «cas» peut être intéressant, leur «maladie » peut poser un défi qui aiguillonne la recherche, mais avant tout, il s’agit toujours de personnes. Créées à l’image de Dieu, porteuses d’un vécu plus ou moins heureux, confrontées à de sérieux problèmes.

Il y a plus de 40 ans, un missionnaire dans des bidonvilles du Chili a été bouleversé par le geste d’un médecin. Un de ses paroissiens était mourant. L’épouse fit venir le médecin qui arriva au moment où le prêtre venait de lui administrer les derniers sacrements.

Après son examen, le médecin dit à l’épouse de donner une bière au mourant. Le prêtre n’en croyant pas ses oreilles, tire le médecin à part et lui dit: «Cet homme est un alcoolique! Et vous lui prescrivez une bière!» — «Oui, je sais. Mais il n’a que quelques heures à vivre, et aucun médicament ne peut soulager ses douleurs. Il aura au moins une petite douceur avant de mourir.» Le médecin avait compris que cet homme n’avait plus besoin de reproches, mais de compassion avant de faire le grand passage vers Dieu.

Il y a parmi nous tant de médecins au coeur compatissant. Compétents dans leur domaine, fidèles aux principes de leur foi, ils sont, elles sont auprès des personnes qui leur sont confiées, les mains du Christ qui apportent la guérison, son coeur compatissant et généreux qui soulage l’angoisse du malade et des siens. À la prochaine occasion, nous pourrions peut-être en profiter pour leur exprimer notre reconnaissance.

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Vos commentaires

Clause de conscience

par Philippe BISSON à 2009-08-08 03:29:51

Pas d'angoisse inutile: tous les projets d'assistance au suicide accordent au médecin la clause de conscience qui le laisse entièrement libre d'assister le patient à mourir.
Votre bien dévoué.

NDLR: Il ne s'agit pas nécessairement ici d'une "angoisse" juridique mais de conscience personnelle en fonction de sa foi.

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