CCO Mission-Campus verra le jour à l’Université Laval
En 1988, un jeune couple, Angèle et André Regnier partageaient le même objectif: être porteur d’Évangile pour les catholiques qui se sont éloignés de l’Église et pour ceux qui cherchent un sens à leur vie. Lorsqu’ils étudiaient à Saskatoon, à l’Université de la Saskatchewan ils avaient pris connaissance des activités du mouvement américain «Campus Crusade for Christ» et de leur programme d’animation auprès des catholiques. Le fait qu’il n’y avait rien de semblable pour les jeunes dans leur propre Église les bouleversait.

Les membres du «Catholic Christian Outreach» (CCO), équipe de premiers intervenants spirituels dans les universités, (à la manière des paramédiques, des policiers, des pompiers qui arrivent les premiers dans des moments d’urgence).
Photo Mgr T. Prendergast
Afin de réaliser leur rêve de créer une entité spirituelle proche de celle qu’ils voyaient à l’oeuvre, ils entreprirent de fonder, sous les conseils du père Claire Watrin, prêtre basilien et de soeur Lise Paquette, de la Communauté de la Présentation de Marie, le projet qui leur tenait tant à coeur.
Ils commencèrent par mener un «sondage popcorn» dans les couloirs de l’association étudiante universitaire. Ils offraient des sacs de maïs-soufflé à quiconque répondait à leur sondage, amassant ainsi les coordonnées et plus tard les adresses courriel de ceux et celles qui souhaitaient étudier et approfondir leur foi.
Ensuite, ils mirent sur pied pour ces mêmes étudiants des études bibliques en petit groupe, appuyées par un style de vie ou l’on accorde la primauté à Dieu seul et non au succès, au prestige, aux richesses ou à toute autre ambition secondaire.
Peu à peu le mouvement a pris forme. Ils le baptisèrent «Catholic Christian Outreach» (CCO) équipe de premiers intervenants spirituels (à la manière des paramédiques, des policiers, des pompiers qui arrivent les premiers dans des moments d’urgence).
Leur rôle, selon eux, était d’aller vers ceux et celles qui ont délaissé la pratique de leur foi, phénomène fréquent chez les jeunes qui quittent le giron familial pour la première fois; de s’occuper des jeunes en difficulté qui souffrent de solitude, qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie, et qui souvent s’y prennent bien mal pour chercher Dieu.
Profondément catholiques dans l’âme, ils souhaitaient toucher ceux et celles qui sont chrétiens, mais qui n’en connaissent pas le sens véritable.
Eux-mêmes avaient, bien entendu, besoin d’appui pour accomplir leur mission. Ainsi, ils trouvèrent des amis qu’ils associèrent à leur prière. Par leur prière, les associés soutenaient les jeunes qui déployaient leurs efforts dans les universités, dans ce monde séculier souvent hostile aux croyants et aux manifestations religieuses. Des bienfaiteurs leur apportaient également un soutien financier mensuel, les aidants avec leurs frais de subsistance.
D’autres jeunes interpelés par le message de Jésus-Christ se joignirent à eux. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, le mouvement s’est propagé dans les universités de Vancouver, d’Ottawa, de Kingston et d’Halifax. De plus, des étudiants d’autres collèges et universités qui cherchent à raviver leur foi, à être témoins de l’Évangile se joignirent à la mission de CCO pendant l’été, au Canada et à l’étranger. Nombre d’entre eux participaient aussi à la conférence annuelle du congé de Noël, «Rise Up», qui se déroule aussi dans des villes où CCO n’est pas encore implanté (tel que Calgary, Toronto et Winnipeg).
La conférence «Rise Up» s’est tenue à Québec en 2006 afin d’impliquer les milieux universitaires dans le Congrès eucharistique international de 2008. Ceci a aussi permis de créer des liens entre CCO et les mouvements de renouveau au Québec.
Suite à cette conférence, le cardinal Marc Ouellet a invité CCO à s’installer à l’Université Laval. Mission CCO verra donc le jour, cet automne avec une équipe francophone sous la direction de Talitha Lemoine, avec l’appui d’Étienne de Champlain et de Lise Séguin. La traduction du programme d’études de CCO en français est actuellement en cours et ils feront le lancement sous peu de leur nouveau site web (www.cco.ca) entièrement bilingue.
Au début du mois d’août j’ai eu la joie de participer à la réunion du Conseil d’administration de CCO à l’Université de la Saskatchewan où nous avons regardé attentivement les défis à relever et les perspectives d’avenir.
Il était bon d’entendre parler de la récolte de l’été, des 53 étudiants qui ont travaillé à l’évangélisation dans 11 paroisses du diocèse de Saskatoon. J’ai moi-même été témoin des merveilles accomplies par les 57 jeunes qui ont joué un rôle semblable à Halifax, à l’été 2004, alors que j’étais archevêque là-bas. Notre ministère auprès des jeunes s’en est trouvé grandement solidifié et vivifié cette année-là.
Les premières semences mises en terre dans les plaines de l’Ouest, il y a 20 ans ont porté fruit: le mouvement est rapidement passé des deux évangélisateurs-fondateurs du début à un organisme de 65 personnes consacrées à l’évangélisation des campus. Avec la bénédiction de Dieu, qui est toujours fidèle, nous souhaitons que dans 20 ans CCO se retrouve dans 20 nouveaux campus universitaires. Quel bel avenir nous pouvons envisager!
Voir la revue associée à cet article
















