Sur les conséquences de la théorie du "gender": tabou 101
"Un enseignant transsexuel a été congédié par le Conseil scolaire catholique de Saint-Albert, en Alberta. Même si les sociétés sont plus ouvertes à la différence, des tabous persistent en matière de transsexualité." Voilà comment les médias ont présenté le phénomène du transgenre; encore comme un tabou que la société —archaïque et étroite d’esprit(!)— n’a toujours pas accepté.
On parle de tabou, mais le problème est ailleurs. Ce qui cause le malaise ce n’est pas le transsexuel, c’est la remise en cause de toute la conception de la vie selon l’institution catholique. D’un côté, on a l’idéologie du “gender” qui s’enracine dans celle du marxisme, et de l’autre, rien de moins que la cosmologie judéo-chrétienne révélée par Dieu!
La transsexualité n’est PAS un tabou; on en parle fréquemment et l’illustre de bien des façons. Pensez au transsexuel à Tout le monde en parle qui volait la vedette au maire d’Hérouxville; on faisait passer le maire pour un demeuré et le transsexuel pour un héros… C’était le scénario de 1950 inversé!
Le vrai tabou c’est de dire qu’on n’est pas d’accord avec la conception de la vie telle que théorisée par des sociologues et des philosophes féministes et que nos politiciens, par le biais de nos institutions, endossent et catéchisent depuis 40 ans. À savoir que le biologique qui définit l’homme et la femme est dénué de valeur, que la sexualité est simplement le résultat d’une relation avec “un autre” où tous les choix sont possibles et où chaque génération invente ses codes et ses normes, que chaque personne construit son identité sexuelle, que la personne serait un être humain avant d’être un homme ou une femme.
Le tabou c’est ce que l’Église enseigne d’après ce que Dieu a révélé: que l’être humain, en soi et asexué, n’existe pas: «… il n’y a que des hommes et des femmes, marqués par un corps différent, dont la psychologie et la façon d’être se développent par extension à leur féminité et leur masculinité» (1).
Ce qui n’empêche pas l’Église de comprendre que «pour diverses raisons qui tiennent à des conflits psychiques, certaines personnes ont du mal à accepter leur réalité sexuelle et ont tendance à s’identifier à ce qu’elles ne sont pas en se confondant avec l’autre sexe». L’Église voit aussi que certaines de ces personnes «demandent à la société de reconnaître leur incohérence entre leur identité et leur orientation sexuelle là où elles ne parviennent pas à consentir à elles-mêmes».
Pour l’Église, il est clair que la promotion de “l’asexualité” entraîne la dépréciation, voire la haine de la différence sexuelle. Après 40 ans de rééducation à l’idéologie du “gender”, on peut voir toutes les conséquences directes: survalorisation de la femme, dévalorisation du père, de l’homme (du mâle), de la culture, du sens de la loi, du langage et du sens de la parenté… Ai-je besoin de donner des exemples?
Dans sa lettre de congédiement, le Conseil scolaire écrit que l’Église enseigne que les personnes ne peuvent pas changer de sexe car le sexe est déterminé par Dieu et que ce changement pourrait créer de la confusion chez les élèves et leurs parents.
J’aurais tenté un compromis; le prof garderait son poste, mais à la condition qu’il n’endoctrine pas les enfants sur sa vision des choses, tout en ouvrant son esprit à celle de l’Église. S’ouvrir à l’idée que Dieu ne peut pas se tromper. S’ouvrir à l’idée qu’en tant que femme, il a toujours eu du mal à accepter sa réalité sexuelle et qu’il préfère changer de sexe plutôt que de consentir à lui-même.
Ce compromis aurait peut-être été plus charitable. J’avoue être extrêmement mal à l’aise avec l’idée de congédier quelqu’un parce qu’il ne correspond pas à l’enseignement de l’Église… Entre vous et moi… on serait tous au chômage demain! Dieu n’aime pas le péché, mais le pécheur, oui!
Au Québec, on se réjouit de nos Commissions scolaires linguistiques qui rendront impossible ce genre de problème. Effectivement, plusieurs se réjouissent que dans les cours d’Éthique et de culture religieuse la théorie du “gender” soit l’unique vision du monde que nos enfants devront “accepter”. Ceux qui oseront la refuser seront considérés «inaptes au dialogue» et «intolérants».
Enfants et parents seront-ils prêts à se tenir debout, tels des brebis au milieu des loups? Les catholiques d’ici ne peuvent plus espérer la protection de leurs chefs religieux. Les parents d’ici doivent prendre les devants et enseigner à leurs enfants les théories et les mythes véhiculés et entretenus par nos institutions, et ceci tout en aimant les personnes. Soyons donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes.
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Note:
1- «Conseil pontifical pour la famille», Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, Tony Anatrella, «Le couple face aux confusions affectives et idéologiques», p. 200, Pierre Téqui éditeur, Paris, 2003.
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