La vie est belle! (Le NIC) - Le Samedi 19 Mai 2012

Résumé de la position de l’Église

Nouvelle enquête sur les apparitions de Medjugorje

Évelyne Lauzier
Par Évelyne Lauzier
Canada
Lundi 10 Mai 2010

À la demande expresse des évêques de Bosnie-Herzégovine, le Vatican annonçait le 17 mars dernier, la mise sur pieds d’une nouvelle Commission internationale d’enquête pour étudier les présumées apparitions mariales qui ont lieu à Medjugorje, un petit village de la Bosnie-Herzégovine, depuis juin 1981. Six enfants, un jeune de neuf ans et cinq adolescents (16-17 ans), ont affirmé recevoir une apparition de la Vierge quotidiennement à partir du 24 juin 1981. Au fil des ans, cette petite paroisse (environ 4000 habitants) a attiré quelque 40 millions de visiteurs de partout dans le monde.


Vicka Ivankovic, l'une des trois voyantes sur les six à l'origine qui recevrait la visite quotidienne de la Vierge Marie depuis 1981. : Photo CNS/Monte Mace

Vicka Ivankovic, l'une des trois voyantes sur les six à l'origine qui recevrait la visite quotidienne de la Vierge Marie depuis 1981.

Photo CNS/Monte Mace

La nouvelle Commission, la troisième sur le sujet, sera composée d’une vingtaine de membres —cardinaux, évêques, experts— et sera présidée par le cardinal Camillo Ruini, ancien vicaire de Rome. Elle opérera sous la direction de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle devra présenter les résultats de son travail à ce dicastère et ne prendra elle-même aucune décision, selon le père jésuite Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

Le père Lombardi a rappelé que le 11 janvier 1982, Mgr Pavao Zanic, évêque du diocèse Mostar-Duvno, auquel appartient la paroisse de Medjugorje, créait une Commission officielle d’enquête de quatre membres, élargie, au début de l’année 1984, à une vingtaine de personnes (parmi lesquelles des théologiens et des médecins).

Mais avant de parler de la conclusion de cette première Commission d’enquête de l’évêque ordinaire du lieu (Pavao Zanic), il serait bon de rappeler quelques faits.

Un peu d’histoire

Lorsque les présumées apparitions ont commencé, c’est le père franciscain Jozo Zovko qui était curé de la paroisse St-Jacques de Medjugorje. Le père Zrinlo Cuvalo l’assistait dans sa tâche pastorale. Tous les deux avaient une attitude plutôt fermée à l’égard de ces phénomènes et ne voulaient pas vraiment s’y intéresser. C’est l’évêque Zanic qui leur demande d’y reconnaître l’œuvre de Dieu. Ils lui répondent qu’ils préfèrent attendre de voir l’évolution des événements.

Cependant la position favorable de l’évêque les motive à s’intéresser positivement aux phénomènes qui se déroulent dans leur paroisse. Au cours des deux premiers mois des apparitions, l’évê­que Zanic se rend cinq fois à la paroisse.

À l’occasion d’une de ses visites, il déclare clairement: «Je suis profondément con­vaincu que pas un seul des enfants qui dit avoir vu la Sainte Vierge n’a été forcé à le faire. (…) Pas un prêtre, je le garantis, n’a poussé les enfants à quoi que ce soit... Je suis également convaincu que pas un seul ne ment. Les enfants ne disent que ce qui habite leurs cœurs. C’est une certitude: les enfants ne mentent pas» (sermon prononcé en la fête de St-Jacques, le 25 juillet 1981).

Et, dans le journal catholique croate «Glas Koncila» du 16 août 1981, Mgr Zanic déclare: «Il est définitivement établi que les enfants n’ont été poussés par personne à mentir, surtout pas par l’Église».

Le gouvernement intervient

Cependant, les responsables du gouvernement communiste yougoslave de l’é­poque digèrent mal les événements. Ils en viennent mê­me à y lire une attitude subversive. La police secrète yougoslave convoque alors Mgr Zanic à Sarajevo (siège du gouvernement d’alors) pour examen. Le père Jozo Zovko y est également con­voqué.

Par la suite, Mgr Zanic parle de moins en moins des apparitions alors que le père Zovko se met à croire de plus en plus à l’origine surnaturelle des phénomènes.

Puis, coup de tonnerre! Le père Jozo Zovko est arrêté en raison de sa position favorable à l’égard des événements de sa paroisse et est condamné à trois ans et demi de prison ferme. À Medjugorje, la tension est des plus tendues. Il est devenu dangereux de parler des événements de ce village. Des pèlerins sont même arrêtés, dont deux Canadiens, les pères Émilien Tardif et Pierre Rancourt. Ils sont relâchés après quelques heures mais le régime de peur est instauré.

Revirement inattendu

Par ailleurs, après une bonne période de silence, Mgr Pavao Zanic commence à remettre publiquement en cause les apparitions. Son attitude passe d’une claire approbation à une virulente opposition. Ce qui, paradoxalement, contribue pour une bonne part à la diffusion dans le monde entier des informations sur les apparitions de la Vierge dans ce petit village de Bosnie-Herzégovine, jusque-là pratiquement inconnu.

Le 11 janvier 1982, Mgr Zanic crée une Commission d’enquête officielle de quatre membres. Au début de 1984, il y ajoute une quinzaine de personnes, dont des théologiens et des médecins. Le 30 octobre 1984, il publie un long rapport intitulé Position actuelle, non officielle de l’évêché de Mostar au sujet des apparitions de Medjugorje.

Il y exprime ses «soupçons» et ses «doutes» sur le caractère surnaturel des faits. Il conclut à l’«hallucination collective» orchestrée par un religieux charismatique de Medjugorje.

Rome s’en mêle

Un grand changement se produit en 1987. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger, remet l’étude des évènements entre les mains de la Conférence des évêques yougoslaves.

Le 9 janvier 1987, alors même que Mgr Zanic veut publier un jugement canonique officiel, le cardinal Franjo Kuharic, alors président de la Conférence épiscopale yougoslave, publie un communiqué pour annoncer la création d’une nouvelle Commission d’enquête, la deuxième, cette fois sous l’autorité de la Conférence épiscopale du pays.

L’évêque Zanic —qui en avait la latitude en tant qu’ordinaire du lieu— publie en mars 1990, un rapport personnel totalement négatif et qu’il qualifie de «définitif».

En avril 1991, la Conférence épiscopale yougoslave publie à son tour une déclaration sur le résultat de ses travaux: «Non constat de supernaturalitate», ce qui signifie qu’elle ne nie, ni ne confirme le caractère surnaturel. La déclaration précise: «Sur le fondement des recherches effectuées jusqu’à présent, on ne peut pas affirmer le caractère surnaturel de ces apparitions et révélations.»

Elle demande aussi qu’à Medjugorje «soit promue une solide dévotion envers la Sainte Vierge Marie en accord avec la doctrine de l’Église».

On n’y dit pas que la Vierge n’apparaît pas, mais qu’on ne peut pas encore l’affirmer. On peut y voir une solution de compromis entre d’une part, les multiples “bons fruits” qu’apporte Medjugorje (conversion, réconciliation, prière, fréquentation accrue des sacrements, etc.) et la position négative de l’évêque de Mostar, Pavao Zanic, d’autre part.

On lit de plus, dans cette Déclaration, que les évê­ques, devant l’importance des événements, ont décidé d’accorder une attention spécifique à la doctrine qui est enseignée à Medjugorje et au culte qui y est célébré. À ce sujet, les membres de la Commission s’engagent à publier des directives liturgico-pastorales pour Medjugorje.

La guerre arrête tout

Le 17 juin 1991, les évê­ques de la Commission se rendent solennellement à Medjugorje. On y retrouve Mgr Franjo Komarica, évê­que de Banja Luka, et les membres Mgr Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, Mgr Slobodan Stambuk, évêque de Hvar, Mgr Pavao Zanic, évêque de Mostar, ainsi que quatre autres membres.

Ils célèbrent à Medjugorje la messe solennelle des pèlerins. Mgr Pavoa Zanic en est le principal célébrant et Mgr Vinko Puljic prononce l’homélie. On peut comprendre que cette cérémonie est la reconnaissance de Medjugorje en tant que lieu de prière, et sanctuaire dans lequel les fidèles viennent prier Dieu.

La Commission pastorale chargée de la paroisse de Medjugorje devait se réunir le 26 juin 1991. Mais ce même jour, l’armée ex-Yougoslave attaque la Slovénie, ce qui débute la guerre (des Balkans), qui amènera la partition de la Yougoslavie et signifiera, par voie de conséquences, la dissolution de la Conférence épiscopale Yougoslave.

Pendant toutes ces années les six voyants du début continuent d’affirmer qu’ils reçoivent des apparitions quotidiennes; du moins, trois d’entre eux, alors que les trois autres verraient la Vierge au moins une fois par année, à des dates significatives dans leur vie personnelle (voir Les six voyants… page 21).

En 1993, en pleine guerre menée par les Serbes en Bos­nie, le cardinal Franjo Kuharic, archevêque de Zagreb, émet un communiqué significatif dans le journal croate catholique de la région: «A­près trois ans de recherches poursuivies par la Commission appropriée, nous les é­vê­ques, avons accepté Medjugorje comme lieu de priè­re, comme sanctuaire. Cela signifie que nous n’a­vons rien contre le fait que quel­qu’un vénère la Mère de Dieu d’une façon qui est également en accord avec les enseignements et la foi de l’Église. C’est pourquoi nous remettons cette étude à plus tard. L’Église ne se précipite pas» (Glas Koncila, 15 août 1993).

Le porte-parole du Saint-Siège, le père Lombardi, a confirmé en conférence de presse que la mise sur pieds de la troisième Commission d’enquête fait suite à une demande de la Conférence des évêques de Bosnie-Herzégovine. Il a également pris le soin d’ajouter que les travaux de la Commission pourraient «prendre quel­que temps».

On ne peut cependant éviter de souligner le fait que l’annonce de cette Commission survient exactement trois mois après que le cardinal autrichien Christoph Schonborn, de Vienne, ait accompli un pèlerinage pri­vé, mais tout de même très publicisé, à Medjugorje.

Par la suite, l’archevêque de Vienne a souligné publiquement que «les fruits de Medjugorje sont visibles en permanence dans la vie de l’Église», spécialement à travers «plusieurs grou­pes de prière réunissant de nombreux jeunes». Il a dit également reconnaître dans Medjugorje un «lieu de la redécouverte du sacrement de réconciliation» et de nombreux retours à la foi.

Mais Mgr Ratko Peric, évêque actuel du diocèse de Mostar-Duvno —qui à l’instar de son prédécesseur (Pavao Zanic) a constamment mis en doute l’authenticité des apparitions— a déclaré à la presse que le pèlerinage du cardinal autrichien n’a fait qu’ajouter «de nouveaux tourments» aux problèmes de son diocèse… qui «ne contribuent pas à apporter la paix et l’unité qui lui sont si nécessaires». À la suite de quoi le cardinal Schonborn lui a fait parvenir une lettre d’excuse. Une affaire à suivre. (Sources: CNS – www. medjugorje.hr).


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Vos commentaires

'Fruits' de Medjugorje

par mark waterinckx à 2010-05-31 05:22:02

Qu'est-ce que s'est passé avec les 3 grands promoteurs franciscains de Medjugorje ???
1° Le P.Slavko Barbaric est décédé à Med. en désobéissance. Il lui était interdit de rester à Med.
2° Le P.Jozo Zovko a été suspendu 3x et est exilé de Med. maintenant
3° Le ex-P.Tomislav Vlasic n'est plus franciscain, ni prêtre, puisque laïcisé par le pape B.XVI
Et les 'voyant(e)s' vivent en luxe sans travailler
N'est-ce pas assez clair ???

Discernement

par Michel à 2010-06-13 17:42:41

Je doute que Medjugorje soit des apparitions mariales véritables. Il est de la plus haute importance de faire sortir la Vérité.

Sur un autre sujet - il y a aussi Garabandal - 1963 - Espagne - Les apparitions de Garabandal sont de la plus haute importance pour l`Église et le monde....

Pres de 50 ans plus tard toujours rien....Il est certain que les évenements de Garabandal sont surnaturels....

D`ici 5 a 10 ans nous serons certains de deux choses - soit Garabandal est un message authentique de la Vierge Marie avec des conséquences colossales pour l`humanité.....et la foi!

Soit Garabandal est un faux message satanique pour tromper mais encore la, les implications sont colossale parce que l`Église devrait prendre cette ocassion pour montrer au monde entier la puissance satanique qui prouve au-dela de tout doute que tout ce que dit la Bible est vrai! Ce sera la plus grande preuve historique de l`existence de l`ange déchu!

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