Pas encore mort!
(NDLR: Nous diffusons cet article en primeur. L'original est publié dans le numéro 13, 35e année, de notre magazine Le Nouvel informateur catholique.) «Not dead yet!» C’est une pancarte qu’arboraient récemment des handicapés en chaise roulante pour manifester leur opposition à l’euthanasie devant la Cour Suprême américaine. Je la fais mienne, cette affiche, même si personne n’a encore tenté de m’euthanasier. Mais au rythme où vont les choses dans notre belle province, ça pourrait venir assez vite, n’est-ce pas? Et bien, j’ai une bonne nouvelle pour vous! Je ne suis pas encore mort.

Cette photo prise devant la Cour Suprême des États-Unis fait prendre conscience des enjeux du débat sur l’euthanasie et le suicide assisté, qui a présentement cours au Québec.
Photo CNS/Reuters
Je le dis en blague, particulièrement à ceux qui m’ont envoyé des souhaits de bonne retraite à la suite de mon article du 12 septembre: «Un testament spirituel». Ils ont cru qu’en cédant l’administration de notre projet à ma fille Sophie, je me retirais complètement de la rédaction. Je les remercie de tout coeur pour leur gentillesse mais il n’en est rien. J’ai encore des choses à dire et à redire.
Mais j’avoue avoir de plus en plus de misère. Je suis handicapé! Mon infirmité consiste à ce que j’ai beau crier avec véhémence en dedans, mais quand j’ouvre la bouche ou que je prends la plume, y’a pas grand-chose qui sort. Un cafouillis sans suite de banalités. J’ai beau avertir dans mon coeur, menacer, pleurer, supplier, tendre la main, déclarer mon amour, je me heurte à un mur. Des tonnes de briques quand vient l’heure des écritures!
Comprenez bien! Je suis malade! Je voudrais dire à notre peuple et au monde entier que Dieu est un Père en amour avec chacun de nous. Je voudrais clamer qu’Il veut épouser notre monde pour le rendre heureux dans le temps comme dans l’éternité, pour le combler sur la Terre comme au Ciel. J’ai beau… Mais j’en convaincs très peu. Notre peuple continue à s’enfoncer de plus en plus dans des ténèbres de jour en jour plus épaisses.
Et Dieu demeure là à genoux, à supplier comme un amoureux fou d’une femme qui le méprise et lui tourne le dos! Ça fait mal à voir! Est-ce que ça ne vous ferait pas crier, vous aussi, chers lecteurs et lectrices? Vous, le petit reste qui a encore du coeur au ventre dans un monde qui n’en a plus guère et où il est de plus en plus en plus difficile de respirer?
J’imagine que vous aussi, vous éprouvez la même misère à trouver votre souffle. Aujourd’hui, être chrétien, à peu près partout sur la planète, c’est être à tout le moins handicapé quand ce n’est pas être malmené. On est rendu vieux et on souffre de maltraitance… spirituelle.
La bonne nouvelle, c’est que nous continuerons à proclamer, même quand personne n’écoute, que Dieu notre Père est infiniment bon et aimable. Et s’il y a tant de malheurs, tant d’horreurs, d’injustices, de cruauté, de haine, de violence, d’atrocités de toutes sortes dans le monde, ce n’est pas sa faute à Lui. C’est nous, le monde des humains, qui faisons cela.
Quand donc voudrons-nous changer?
Nous convertir pour que cesse tout ce mal! Qu’enfin, la vraie fête commence et que la Noce de l’Humanité avec son Dieu soit consommée!
Oui, nous allons continuer à «prêcher dans le désert» (Mt 3.1). Jusqu’au bout nous serons témoins de l’Amour véritable. Êtes-vous d’accord avec ça, chers lecteurs et lectrices?
Si oui —je vous le dis effrontément—, montrez-le. Manifestez-vous pendant que ça passe. C’est le temps. Car il vient celui «qui tient en sa main la pelle à vanner et va nettoyer son aire; il recueillera son blé dans le grenier; quand aux bales, il les consumera au feu qui ne s’éteint pas» (Mt 3.12).
Se manifester? Mais comment? À toi de juger! Que l’Esprit t’inspire! Je peux te suggérer une bonne occasion. Mets la croix à ton épaule et tire ta part du fardeau. Le Nouvel informateur catholique a besoin de ton aide et jusqu’ici, tu ne t’es pas précipité pour le secourir. Au point que je suis traversé par le doute. C’est que notre campagne de financement piétine. À ce rythme, on n’atteindra jamais l’objectif de stricte survie.
Lecteurs, lectrices, libérez-moi de mes doutes. Redonnez-moi confiance. Dites-moi encore que vous voulez Le NIC. Que vous en avez besoin pour persévérer dans la foi au milieu d’un monde hostile. Vous n’êtes pas seuls. Des frères et des soeurs vous accompagnent. Ensembles, nous formons une famille dans l’Esprit Saint. Nous sommes un tissu fraternel aux mailles serrées dans le Corps du Christ.
Faites vite. Dépêchez-vous! Le temps se fait court. Méditez tout cela et donnez ce que vous pouvez. C’est-àdire généreusement. Consolez-vous en faisant le bien et sauvez des frères et des soeurs dans la foi en contribuant à faire vivre Le NIC. Pour l’amour de Dieu!
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