La vie est belle! (Le NIC) - Le Samedi 19 Mai 2012

Un testament spirituel

Paul Bouchard
Par Paul Bouchard
Canada
Vendredi 22 Octobre 2010

La “nouvelle évangélisation”, c’est notre affaire! Notre business! Nous n’avons pas attendu que Benoît XVI crée, fin juin, une Congrégation vaticane pour nous en occuper. Ça fait maintenant plus de 35 ans qu’on en vit. Plus de 35 ans qu’on est tenaillé au coeur par cet appel. Et c’est plus criant que jamais! Car notre société, jadis si croyante, s’est livrée, poings et pieds liés, à l’enfermement de l’athéisme. L’heure est donc opportune! Il reste une chance —celle de la dernière heure?— que notre peuple, confronté au non-sens de tout et à l’absurdité d’une existence sans but, s’accroche, en désespoir de cause, au Sens ultime.


Du délire, cette “nouvelle évangélisation”, pourrait-on objecter! Les pays chrétiens occidentaux n’ont-ils pas tous apostasié la foi qui leur a donné naissance? La ré-évangélisation d’un Québec à l’avant-garde de l’oubli de Dieu, un rêve en couleur, quoi! Un certain cardinal n’a-t-il pas tenté le coup? On sait le reste!

Remarquez! Il ne s’agit pas de revenir en arrière. Le passé, c’est dépassé. La “nouvelle évangélisation”, c’est une vision d’avenir à communiquer au monde. Car la foi en Dieu construit le devenir de l’humanité. «La foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas» (Hé 11.1). Le monde de demain fait partie de ces «réalités qu’on ne voit pas» encore.

Un tête-à-queue

L’athéisme, au contraire, se constitue en empilant les cadavres sur le dos du passé. Il s’acharne contre les failles religieuses des générations antérieures pour justifier le rejet de la foi. Bien qu’il se veuille sur la ligne de front du progrès, il ne construit rien de bon. En fait, il avance à tâtons dans une obscurité de plus en plus angoissante.

Je le sais d’expérience parce que je suis passé par là. Pendant les années de ma jeunesse, je me voulais athée. Je n’avais aucune considération pour les pratiques religieuses traditionnelles que je qualifiais de superstitions. J’avais l’Église en horreur. Quant à la Bible, elle était complètement disqualifiée à mes yeux par les découvertes scientifiques modernes, et notamment par la théorie de l’évolution.

Dans le cadre de cet article, je ne saurais décrire les ramifications complexes des circonstances qui ont amené ma conversion. La volte-face a été quasi instantanée. Une petite lumière —devenue immense avec le temps— a suffi pour opérer un revirement à 180 degrés de mon orientation.

Au coeur de la foi

Dans le temps d’un éclair, j’ai tout compris, m’a-t-il semblé. D’abord, j’ai pris conscience que l’être humain, dans sa misère, n’est pas le dernier organisme suscité par l’évolution biologique. Je ne trouvais aucune raison pour prétendre que l’humanité était le point final d’un processus enclenché il y a quelque quatre milliards d’années.

Je me suis ensuite demandé ce que pourrait être cet organisme futur, plus évolué que l’homme contemporain. On doit supposer, conformément aux mécanismes de l’évolution, qu’il résoudra les graves problèmes rencontrés dans l’humanité d’aujourd’hui.

C’est ainsi que j’en suis venu à saisir que la foi en Dieu, qui incite au dépassement de la condition humaine actuelle, est la clef de l’évolution humaine. Et bien loin de s’y opposer, la religion chrétienne en était le moteur.

Car la foi que Jésus est ressuscité et vit dans un corps immortel, bien qu’invisible à nos yeux de chair, le désigne comme Terme sublime de l’évolution. Bien plus, il est la Première cellule d’un Corps qui se forme au-delà du monde perceptible. Par-dessus l’espace et le temps, à l’insu des civilisations qui prennent leur essor pour ensuite s’écrouler, cet Organisme, dont Dieu Lui-même est l’âme, s’accroît en s’adjoignant au cours des siècles de nouvelles cellules humaines parmi les croyants jusqu’à ce qu’il atteigne sa taille parfaite.

Les motifs de l’action

Cette révélation, qui m’est venue sans intermédiaire, a illuminé mon âme. J’ai cru d’abord en être le seul dépositaire. Puis, je me suis rendu compte que la Bible, lue dans un nouvel esprit, confirmait cette vision. De plus, mon intuition s’accordait pleinement avec la théologie du Corps mystique du Christ enseignée par l’Église.

Je me suis dis que si la doctrine catholique était connue sous l’angle des évidences qui m’étaient apparues, les gens se convertiraient et ainsi, le monde pourrait changer. J’ai alors tenté d’aborder le sujet dans mon entourage mais je me suis vite rendu compte que la plupart des gens vivaient au quotidien loin du monde de pensée dans lequel j’évoluais. Ils ne me comprenaient pas!

J’en suis venu à croire que c’était à la société en général que je devais adresser mon discours. Ce qui m’a amené à lancer en 1975 un premier journal, Esprit-vivant, l’ancêtre du magazine que vous tenez en main.

Un bilan

Après plus de 35 ans de publication, le temps est venu pour moi de faire le bilan. Mes objectifs ont-ils été atteints? Suis-je parvenu à amorcer chez nous la “nouvelle évangélisation” rêvée?

À première vue et dans le court terme, je me dois bien d’admettre l’échec de mes aspirations. Tout au plus suis-je parvenu à maintenir par la peau des dents une publication que le trop faible tirage ne permet ni de rentabiliser ni d’exercer une influence sur une portion socialement significative de notre population.

Au plan strictement humain, je suis déçu. Je n’ai pas obtenu les résultats attendus de mon engagement. Mais Jésus n’a-t-il pas été le premier à subir le déplorable échec de la croix dans sa prédication?

Aussi, je comprends que le Seigneur ne nous demande pas de réussir. Seulement d’essayer encore et encore avec un acharnement qui ne se dément pas. Et en dépit de mes infirmités, sans parler de mes nombreux péchés, je suis malgré tout demeuré fidèle à son service. Merci Seigneur pour cet échec à court terme!

Car tout n’est pas perdu. Lorsque je me rabats sur le long terme, je me console. J’ai été amené, au cours des dix dernières années, à produire une série d’articles qui projettent la vision de la réalité que Dieu m’a inspirée. Il est probable, connaissant mes limites, que si je ne m’étais pas imposé d’écrire quelques 200 articles d’un numéro à l’autre de notre publication, je ne serais pas parvenu à produire L’évolution triomphante.

Le premier jet de la rédaction de cet essai philosophique est maintenant presque terminé. Je demande au Seigneur qu’il me garde encore sur cette terre assez longtemps pour que je puisse achever et polir les deux tomes de cet ouvrage.

Ce n’est pas que je m’attende à ce qu’il soit publié et reconnu de mon vivant. Je le lèguerai aux générations du troisième millénaire en espérant qu’il pourra convaincre le monde entier d’emprunter la voie d’une évolution véritable en s’ouvrant tout grand à l’Esprit de Dieu.

Changements prometteurs

À 75 ans, le temps est maintenant venu pour moi de préparer mon départ. Je confierai graduellement Le Nic à ma fille Sophie.

Une étape importante à ce propos sera franchie le 1er octobre. La corporation Spirimedia qui produit et administre votre magazine Le NIC emménagera dans de nouveaux bureaux à St-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec. Sophie prendra alors la charge de l’administration.

Quant à Évelyne et moi, nous continuerons à assumer la responsabilité de la rédaction à partir de notre résidence de Rawdon.

Je tiens à souligner toute la con - fiance que j’ai dans les capacités de ma très chère fille. Je suis convaincu qu’elle va réussir là où j’ai subi des échecs répétitifs. Ses talents la destinent tout naturellement vers l’administration et le marketing sans pourtant l’exclure de l’écriture.

On peut considérer comme un plus sa nouvelle fonction. Car j’ai toujours été plus ou moins absent de ce nécessaire volet de notre projet, en raison surtout du manque de temps, de goût et de talents pour l’assumer. L’administration n’a jamais été mon bag!

Sophie n’aura donc pas la tâche facile. Surtout que nos projections financières pour la prochaine année indiquent un déficit de 125 000 $.

L’une des premières décisions qu’elle a contribué à mettre en oeuvre après consultation d’un expert en gestion d’entreprise, c’est la réduction du rythme de publication. Le Nic paraîtra désormais à toutes les quatre semaines et passera donc de 16 à 12 numéros par année. En plus de représenter une économie significative des frais de poste et d’impression, cette fréquence tient compte de suggestions réitérées de lecteurs qui se disent débordés par l’abondance et l’intensité du contenu de la revue.

D’autre part, le prix de l’abonnement annuel passera de 48 à 50$. Une légère augmentation qui donnera un important avantage: ceux qui s’abonneront ou se réabonneront via notre portail Internet www.enlignetoi.com auront accès gratuitement à la version électronique de la revue en plus de l’édition papier.

Soutien requis

Même avec le plus beau talent du monde, Sophie ne pourra pas nous sortir du trou sans vous, chers lecteurs et lectrices. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui un NIC-othon (voir page 32). Votre contribution généreuse à l’existence même de cette revue, indispensable au peuple de Dieu chez nous, est primordiale. De grâce, aidez Sophie à maintenir, développer et diffuser VOTRE magazine de manière à ce qu’il parvienne à influencer, encourager et stimuler la foi du petit reste des fidèles catholiques, plongés que nous sommes tous au milieu d’un monde hostile à l’Évangile de Jésus Christ.


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