Dons d’organes, don d’amour !
Le 17 octobre prochain se tiendra la Journée du don d’organes et de la greffe, décrétée en 2005 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Bien que le don d’organes fasse de plus en plus consensus notamment au Canada, plusieurs craintes subsistent chez une certaine partie de la population, que ce soit par méconnaissance ou par méfiance. Malheureusement, cette situation prive les programmes de transplantation de donneurs potentiels.
À ce jour, il est possible de greffer les poumons, le coeur, les reins, le foie, le pancréas et l’intestin. Par don d’organes, on entend aussi le don de tissus (os, peau, globes oculaires…). Un
même donneur peut donc théoriquement sauver la vie de 8 personnes, et offrir une meilleure qualité de vie à de nombreuses autres. Ce don, gratuit et anonyme, est encouragé par l’Église. Jean-Paul II, lors d’un congrès sur le don d’organes, affirmait: «On ne peut donner des organes vitaux qu’après la mort. Mais donner pendant sa vie une partie de son corps, une offrande qui ne deviendra effective qu’après la mort, est déjà en de nombreux cas un acte de grand amour, l’amour qui donne la vie aux autres.»
Au Québec, depuis 1991, Québec-Transplant, en collaboration avec Héma-Québec, gère tout ce qui entoure les dons et la greffe. Ainsi, les aspects légaux, la gestion des listes d’attentes, le prélèvement des organes, leur transport et leur attribution bénéficient d’une gestion efficace qui augmente les chances des patients d’obtenir une greffe. De plus, un comité d’éthique s’assure de l’intégrité des pratiques et du respect du défunt et de sa famille. Malheureusement, le nombre de patients en attente de greffe est largement supérieur à l’offre d’organes. En 2010, plus de 1200 personnes au Québec seulement attendaient un ou plusieurs organes, alors que 119 donneurs fournissaient 430 organes. Cette disparité s’explique certes en partie par les refus de certaines familles. Cependant, il faut garder en tête que bien des conditions médicales peuvent empêcher le prélèvement. Par exemple, il va de soi qu’un individu mort d’un cancer du poumon ne pourra pas donner ledit poumon ou qu’une victime d’un accident de la route ayant subi des blessures internes graves pourrait ne pas être admissible. Or, on estime à seulement 1% les personnes en mesure de donner leurs organes.
Du point de vue éthique, on comprendra néanmoins que plusieurs problèmes peuvent surgir. Dans certains pays d’Asie, on assiste à une explosion des cas de donneurs vivants contre rémunération. Il est de plus en plus fréquent en effet de voir des gens pauvres vendre un de leurs reins contre une somme considérable provenant bien souvent de riches occidentaux. En Chine, on rapporte même des enlèvements dont le but serait de distribuer sur le marché noir des organes au plus offrant. Un autre aspect pouvant éventuellement devenir inquiétant serait la possibilité de greffer des organes reproducteurs ou des parties du cerveau. Si cette option relève encore de la science-fiction, il ne faut pas pour autant négliger la réflexion sur le sujet.
Pour l’instant, au Québec et plus largement dans le monde occidental, la question du don d’organes et des greffes pose rarement des problèmes moraux. C’est pourquoi la Journée du don d’organes et de la greffe devrait être une occasion pour nous de discuter avec nos familles d’un don qui, sans nous coûter un seul sou, peut devenir le plus grand cadeau d’une vie. Une personne souhaitant faire don de ses organes ou bien qui le refuse peut faire inscrire son nom au Registre des consentements au don d’organes et de tissus, tenu par la chambre des notaires du Québec ou plus simplement signer l’autocollant à l’endos de sa carte d’assurance- maladie. Si aucune instruction relative au don d’organes n’a été relevée, il en reviendra aux proches du défunt de prendre la décision.
Pour en savoir plus:
PORTAIL DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC :www4.gouv.qc.ca
CHAMBRE DES NOTAIRES DU QUÉBEC: www.cdnq.org
QUÉBEC-TRANSPLANT:www.quebec-transplant.qc.ca
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