La vie est belle! (Le NIC) - Le Samedi 19 Mai 2012

Depuis septembre 2008, pour favoriser l'appel des jeunes garçons

Un "Petit séminaire diocésain" à Québec (1)

Sophie Bouchard
Par Sophie Bouchard
Canada
Mardi 2 Décembre 2008

«L'espérance, c’est la part de Dieu dans nos projets», avance le cardinal Ouellet en parlant de la fondation du “Petit séminaire diocésain de Québec”. À l’évidence, cette espérance le pousse contre vents et marées. En effet, pendant que d’autres baissent les bras, lui invite ses ouailles à retrousser leurs manches!

Ce projet de pensionnat, lancé à l’automne 2008, dans le contexte québécois qu’on connaît, va certainement faire jaser! D’ailleurs, le cardinal en a déjà fait les frais à l’automne 2007, avant même d’avoir jeté les bases du projet. Il a eu la surprise de découvrir son projet étalé dans les pages du quotidien Le Soleil! «Laissez-moi vous dire que je ne m’attendais pas à ce que ça fasse la première page du journal Le Soleil! Tant mieux! Le monde l’a su! Parfois, je ne suis pas sûr qu’on veuille me rendre service, mais l’oeuvre de Dieu s’accomplit de toute façon, dans toutes les circonstances!», assure-t-il en souriant.


«De vouloir refonder le séminaire, c’est de se rappeler nos racines chrétiennes et de vouloir qu’elles soient vivantes et donnent de nouveaux fruits», affirme le cardinal Marc Ouellet.   : Photo CNS

«De vouloir refonder le séminaire, c’est de se rappeler nos racines chrétiennes et de vouloir qu’elles soient vivantes et donnent de nouveaux fruits», affirme le cardinal Marc Ouellet.

Photo CNS

«La première raison de la fondation du “Petit séminaire diocésain”, c’est de réaffirmer l’importance de la valeur du sacerdoce ministériel dans l’Église du Québec. Nous avons besoin de l’exprimer d’une façon étonnante, audacieuse. Ce projet est né d’une inspiration pour manifester le souci de la relève. Mais le souci de la relève suppose que l’on croit dans le ministère des prêtres, que l’on veut des prêtres et des prêtres bien formés!»

La fondation d’un petit séminaire diocésain «permet d’avoir une continuité dans la logique de la foi avec l’éducation familiale. Cette continuité-là, on sait comment elle est fragile dans les écoles publiques et même dans les écoles privées catholiques. L’Église domestique qu’est la famille peut se prolonger avec une éducation chrétienne de valeur, avec le souci vocationnel, non seulement pour la vocation sacerdotale ou religieuse, mais aussi un souci vocationnel total. C’est une manière de dire, on a besoin des ministres du Seigneur qui nous prêchent la Parole et qui nous donnent les sacrements, afin que tous nous vivions chacun notre vocation baptismale.»

«Il y a de nouveaux besoins pour aider à l’éclosion, à l’accompagnement des vocations. Aujourd’hui, les vocations ne nous viennent plus par la pression d’une société catholique. On n’est plus en chrétienté, on se le fait dire assez souvent!», ajoute avec lucidité le cardinal.

«Je crois que, plus que jamais, il faut enfanter les vocations. Il ne faut pas juste attendre qu’elles tombent du ciel. Il faut les enfanter dans le milieu familial d’abord et puis dans un milieu qui est favorable aussi, ensuite.» «Un petit séminaire à Québec pourrait être un nouveau symbole de la renaissance catholique dans le contexte actuel», espère-t-il, la voix brisée par l’émotion.

Au programme

On a choisi la formule d’un pensionnat pendant la semaine avec un retour dans les familles la fin de semaine. L’intention est d’offrir également les cours académiques le plus rapidement possible. Mais pour permettre un démarrage à l’automne, on a obtenu une entente de scolarisation avec le Collège Champigny situé à L’Ancienne-Lorette, une bonne école catholique.

Le pensionnat sera installé au Pavillon Collin, à Saint-Augustin-de-Desmaures, chez les Maristes. Un lieu idéal et enchanteur.

Le programme est offert aux adolescents de 12 à 17 ans. On vise des jeunes qui auraient une bonne éducation chrétienne de base, déjà acquise dans le milieu familial. On veut offrir un milieu de vie et un encadrement qui soient sérieux, où prêtres, religieux, religieuses et parents sont également présents.

«Une éducation chrétienne à la liberté chrétienne. Ça veut dire pour moi que le fondement de ce petit séminaire ne serait pas la discipline, précise le cardinal. Bien que, la discipline soit importante. Mais je ne tiendrais pas tout ce petit monde ensemble juste à partir d’un encadrement presque policier pour être sûr qu’on les contrôle comme il faut! Ce serait très mal choisi comme fondement. Une éducation chrétienne avec une motivation profonde, évidemment adaptée à l’âge, puis à la turbulence, à la créativité, à la nervosité des jeunes d’aujourd’hui. Un lieu où vraiment, Jésus serait la référence.»

Ces jeunes peuvent ou non avoir manifesté le désir de devenir prêtre. «On a parlé de liberté et la liberté doit commencer là, affirme Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire impliqué dans le projet. Le jeune doit savoir que ce sera un milieu de vie chrétien. Si le jeune n’est pas ouvert à la prière et à la vie spirituelle, il ne peut pas s’inscrire. Sinon, il y en aurait des milliers qui aimeraient fréquenter une bonne école chrétienne. L’offre ici vise d’abord à développer une vie spirituelle, dans une vie en groupe. Il y aura du sport, mais on parlera aussi de Jésus.»

«Ce n’est pas un grand séminaire, assure Mgr Lemay! On souhaite offrir une bonne éducation chrétienne qui pourra, bien sûr, faire des prêtres, mais aussi de bons laïcs.»

Le cardinal rappelle que Jésus a été enfant, puis adolescent: «Il a même fait une escapade, vers l’âge de 12 ans, rappelle-t-il avec humour! C’est la seule chose qu’on a dans l’Évangile au sujet de son adolescence: une escapade à Jérusalem. Pour des raisons bien spirituelles que même sa mère n’a pas comprises!», continue-t-il dans le même sens.

«Mais, l’Évangile ajoute aussi qu’il est revenu avec eux et il leur était soumis. Et il grandissait en taille et en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Ça, c’est la référence! Il faut que par la manière de vivre ensemble, de prier aussi, qu’on fasse comprendre à tout le monde que ce n’est pas qu’ils sont très surveillés, mais que spirituellement, ils suivent quelqu’un qui est présent au milieu d’eux, qui inspire, qui corrige aussi, qui invite au dépassement, à l’écoute de la Parole de Dieu.»

«Évidemment, il y aurait place à la prière, au sport, à la culture, à une saine culture, puis à la vie familiale. Il faut penser à l’implication et au contact avec la famille qui demeure la première communauté éducatrice des adolescents.»

Éléments déclencheurs

Il y a quelque temps, le cardinal Ouellet a participé à un congrès où d’autres cardinaux étaient présents. «Dans le diocèse du cardinal Sandoval Iñiguez, où a eu lieu le Congrès eucharistique en 2004, il y a près de 1000 séminaristes! Nous sommes intervenus tous les deux au même congrès. Je n’ai pas fait le poids! J’en suis sorti un peu humilié. Et lui, par miséricorde, n’a pas donné tous ses chiffres, rapporte le cardinal en riant. Mais cela a servi à me réveiller. Je me suis dit “Pourquoi, si c’est possible au Mexique, en Espagne, en Pologne, pourquoi ce ne serait pas possible au Québec?!”»

Un autre facteur qui nous a mis en route est lié aux Brebis de Jésus, un mouvement destiné à la catéchèse des enfants et fondé par Jocelyne Huot, une soeur de Saint-François. «Il y a eu un petit sondage, presque comme par hasard, chez les Brebis de Jésus, pour savoir s’il y avait des jeunes qui étaient intéressés au sacerdoce. Et il y a eu une quinzaine de noms qui sont sortis à ce moment-là. Et soeur Jocelyne Huot m’en a informé. C’est pourquoi l’invitation a été lancée. Soeur Jocelyne est l’instrument du début qui est à l’origine du projet», note le cardinal.

En plus de l’archevêque de Québec et de soeur Jocelyne, il y a toute une équipe qui travaille à la réalisation de ce projet: Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire, André Gagné, prêtre, Denise Lemieux, laïque, Diane et Kevin Mc Inless, un couple engagé et Mgr Herman Giguère, supérieur général du Séminaire de Québec.

Les porteurs du projet ainsi que leurs parents espèrent trouver des bienfaiteurs pour soutenir ce séminaire. Pour en savoir davantage, vous pouvez communiquer avec l’abbé André Gagné au (418) 688-2872.

(1) NDLR: Cet article est tiré du magazine le NIC du 13 avril 2008 et a été rédigé alors qu’on venait d’annoncer l’ouverture en septembre du Petit séminaire diocésain. Même dans un contexte où plusieurs doutaient de sa raison d'être en 2008, on peut déjà voir après quelques semaines d'existence que le petit séminaire obtient des résultats qui en laissent plusieurs pantois. Vous en doutez? Alors, il faut visionner le magnifique reportage qu’en a fait Lumière du monde et qui est diffusé surwww.ECDQ.tv et que vous pouvez voir ci-dessous. À regarder cette nouvelle génération de jeunes garçons qui ose aller plus loin, à la rencontre du Christ, il y a de quoi espérer!

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Photo Sophie Bouchard Photo M.É. Roy


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