Que sais-je, vraiment de la religion catholique?
Tôt après son installation comme archevêque de Québec, le cardinal Ouellet a étonné beaucoup de monde lorsqu’il a parlé de l’“ignorance crasse” des jeunes par rapport à la religion. Je suis persuadé que beaucoup d’adultes ne sont guère plus connaissants, hélas!
On aime bien, chez nous, se moquer de nos voisins du Sud mais il n’est pas certain que nos concitoyens réussiraient mieux que les Américains un questionnaire sur la Bible.
Comme Mgr Ouellet, je suis persuadé que nos connaissances religieuses sont bien moins profondes ou étendues que l’on croit. Même sur des notions élémentaires de vie chrétienne, ils ne sont pas rares nos citoyens, même pratiquants, qui confondent, par exemple, le jeûne et l’abstinence, le célibat et la chasteté, la religion et la spiritualité. Même des notions aussi différentes que la résurrection et la réincarnation déroutent beaucoup de catholiques, même pratiquants.
Madame Denyse Bombardier expliquait à un de ses jeunes collègues journalistes, il y a deux ans, qu’on l’avait invitée à donner une des conférences du Carême en la cathédrale de Québec. Son collègue, pourtant instruit et même cultivé, lui demanda ce qu’était que le Carême. madame Bombardier répondit à sa question et lui demanda s’il savait au moins ce qu’était la Sainte Trinité. Il répondit, avec fierté: «Bien oui, c’est Jésus, Marie et Joseph».
À chaque année, lorsque la fête de Noël approche, il arrive même à des journalistes chevronnés de confondre la naissance virginale de Jésus avec l’Immaculée conception de la Vierge Marie. On ne compte plus les fois où, dans les journaux, on utilise comme synonymes les mots prêtre et curé, abbé et père et même, évêque et religieux. Un journaliste qui confondrait ainsi les positions d’une équipe sportive perdrait vite son emploi. Mais on aurait tort de blâmer les journalistes pour l’analphabétisme religieux des catholiques québécois. Un des problèmes chez nous, c’est que chacun se croit compétent en matière religieuse et tout le monde se considère infaillible. On appelait cela jadis, l’ignorance invincible. Comment, en effet, apprendre quelque chose si on croit déjà tout savoir?
Je résiste ici à la tentation de blâmer le personnel de l’Église. L’éducation de la foi n’est-elle pas la responsabilité de l’évêque, des prêtres et des agent(e)s de pastorale mandaté(e)s? Bien sûr que oui, mais une homélie dominicale de 12 minutes ne suffira jamais à informer la foi des gens. Quant aux catéchèses de préparation aux sacrements, elles contiennent souvent plus de sucre humaniste que de sel évangélique. Une agente de pastorale chez nous se vante d’avoir préparé ses jeunes confirmands avec le livre Bouillon de poulet pour les adolescents.
Comme dans le domaine de la médecine, chacun de nous doit devenir responsable de sa propre santé spirituelle. Heureusement, les cours de formation ne manquent pas mais, avant de s’inscrire, il convient de vérifier s’ils sont vraiment conformes à l’enseignement de l’Église.
Cela vaut aussi pour les livres religieux. Certaines maisons d’édition d’apparence catholique publient maintenant n’importe quoi. J’aborderai la question des journaux et des autres médias de masse dans une chronique à venir. Mais d’ici là, je vous pose ces deux questions importantes: en quoi consiste votre information chrétienne? Est-elle digne de confiance?
Note:
* Charles Lewis, «Knowledge Shallow, Commitment Deep», «National Post», 9 fév. 2008, p. A15.
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