Être cool ou être heureux?
Être cool, ça veut dire —si j’ose une définition— être quelqu’un qui a bon genre. C’est quelqu’un qui est original, assez pour se démarquer des autres, et qui en même temps se conforme aisément aux modes les plus “tendances”.
Cependant, pour être cool, il faut avoir une carte de débit ou de crédit qui n’a pas froid aux yeux! En effet, ça peut coûter cher! Il faut avoir, par exemple, un iPod dernier cri, des vêtements achetés aux Ailes de la mode, une coupe de cheveux “tendance”, un petit “piercing”, un téléphone cellulaire abonnement illimité, écouter de la musique qui brave l’ordre établi, etc. C’est à croire qu’il m’est impossible d’être aimé 100% au naturel!
Pourtant, si l’on y réfléchit bien, être cool, c’est d’abord et avant tout obéir. C’est obéir au grand slogan que l’on sert aujourd’hui à toutes les sauces: “Comme tout le monde”. Faire comme tout le monde. Pourquoi? On ne sait pas trop, mais il faut faire comme tout le monde.
À 14 ans, je n’étais pas le plus populaire à l’école, disons que j’avais quand même 3 ou 4 amis fidèles. Puis de manière inattendue, lors d’une petite pièce de théâtre avec quelques amis, lors du cours d’anglais, la gloire a enfin frappé à ma porte. Par notre maladresse à manier la langue de Shakespeare, nous avions plongé la classe dans l’hilarité la plus complète. Voilà que le nom du rôle que je jouais est devenu la clé de mon succès: Bob.
Toute l’école s’est mise à m’appeler “Bob” à partir de ce jour-là. Petit, faible, les cheveux blonds indomptables, j’étais devenu soudainement populaire…
Il ne fallait pas décevoir l’attente fragile! Je me suis donc créé un personnage sans faiblesse, à la mode, extra sympa, bref: cool! Et cela a duré près de 6 ans…
Jusqu’au jour où mon père, exaspéré de ce que mes amis ne connaissent pas mon vrai nom, m’a pris à part pour me dire: «Dominic, quand je t’ai fait baptiser, ton nom n’était pas Bob, mais Dominic!». À ce moment, c’est comme si c’était le Seigneur qui me parlait. Le personnage que je m’étais construit n’était pas vrai. Le Seigneur aimait Dominic. Tel qu’il était.
Il n’y a pas de mal, de prime abord, à vouloir être comme tout le monde car nous vivons en société. Cela exige un minimum de conformisme. Mais lorsque le regard des autres m’amène à trahir des valeurs fondamentales —l’amour, la famille, la foi, la vie et la dignité de toute personne humaine— c’est là qu’il faut que je me questionne.
Être cool doit-il nécessairement se faire au prix de mes valeurs? Surtout que, à bien y réfléchir, c’est une question d’amour qui est en-dessous du désir de se soumettre aux regards des autres. Pourquoi faire comme tout le monde? Afin d’être aimé… simplement. Et qu’est-ce que je suis prêt à faire pour enfin être aimé des autres!
Être cool ou être heureux? Le Seigneur Jésus rencontra un jour ce jeune homme qui lui demandait: «Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle?» Après le dialogue, Jésus le regarda et se prit à l’aimer; il lui dit: «Une seule chose te manque; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens et suis-moi» (Mc 10.21).
Être heureux, pleinement heureux, n’est pas tant d’avoir des choses que de laisser de côté le superflu. Et comme ce fut long dans mon cas! Mais l’amour de Jésus pour moi, l’amour fraternel jusque dans mes faiblesses, la confiance s’éveillant peu à peu ont fait en sorte qu’avec le temps, j’ai pu écouter mon cœur.
Suivre Jésus, c’est me recevoir en cadeau, 100% au naturel! Grâce à Dieu, aujourd’hui je peux dire en toute vérité que je suis heureux!
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