S.V.P., ensemble, osons le monde!
C’est la dernière fois, je pense, que je vous parle de mon âge… et du déclin des énergies qui vont avec. À 73 ans, il est grand temps de songer à la relève. J’ai regardé dans toutes les directions avec ma lorgnette. Rien en vue. Serait-ce, toutes ces années, que j’avais le nez collé sur la solution et que je ne la voyais pas?
On verra bien dans les prochains mois! Je n’en dis pas plus pour l’instant sinon que je ne ferais de cadeau à personne en léguant le Nic dans son état actuel. C’est bien beau de passer le flambeau à plus vigoureux coureur mais encore faut-il qu’il reste allumé, n’est-ce pas?
Quant à moi, je n’aspire à rien d’autre… ou presque, qu’à me retirer dans mon monastère intérieur pour y achever d’écrire ma mission au service de l’humanité. Ce qui est la même chose que le service de Dieu et de son Église. C’est du moins ainsi qu’Il la veut dans mon cas.
Cette étape est arrivée pour moi mais qu’en est-il pour le Nic? Est-il en mesure de me lâcher la patte?
De ce temps-ci, il y a de l’espoir dans l’air. Il me reste cependant un dernier et vigoureux coup de barre à donner avant de le faire accoster au bon port de la stabilité. Je pourrai alors le confier enfin à un pied plus terrien que marin, foi de capitaine.
Bon! —trêve d’imagerie marinière—, toujours est-il que le Seigneur, à ce qu’il nous semble, nous a inspiré un projet. Un plan d’envergure qui pourra faire sortir le Nic de la cale où il s’étiole comme une morue (c’est plus fort que moi, j’ai l’âme d’un marin. Indécrottable!).
Pour vous en parler et vous le faire comprendre, il faudra bien que je délaisse mon ton folichon. La chose est sérieuse et digne d’attention. Aussi, tenez-vous bien, on va aller chercher ça loin… jusque dans les viscères du problème. Attendez que je vous explique…
Décroissance
La très haute estime que vous avez de votre magazine —vous ne tarissez pas d’éloges dans vos commentaires— s’accorde plutôt mal avec la lente mais constante érosion du nombre des abonnements (une timide tendance à la remontée s’est manifestée récemment). Des 13 000 souscripteurs qu’elle comprenait en 1980, la liste s’est amenuisée au fil des années autour de 4000. Un état de fait qui entraîne des déficits annuels difficiles à combler.
Mais le Nic n’est pas le seul magazine à éprouver une telle décroissance. Le même phénomène peut s’observer chez toutes les revues religieuses québécoises.
À quels facteurs doit-on l’attribuer? De toute évidence, la baisse généralisée de la pratique religieuse dans notre société en est la première cause. D’année en année, le décrochage de l’Église s’accentue dans notre peuple autrefois si catholique. De plus, dans les médias de la laïcité où le principe de la séparation de l’Église et de l’État est interprété dans le sens de l’exclusion de l’Église de l’espace public, l’intérêt pour la religion se manifeste surtout sous l’angle négatif de la critique, de la désinformation et de la censure. Un constat qui fait d’autant plus ressortir la nécessité impérative pour l’Église de développer ses propres organes d’information.
D’autre part, le vieillissement de la clientèle de la revue est aussi pour quelque chose dans cette décroissance. Les abonnés du début, après plus de 32 ans de publication, ne sont plus jeunes. Si bien que la moyenne d’âge, qui se situait à l’origine à plus ou moins 50 ans, dépasse aujourd’hui les 75. Ceux qui décèdent ne sont pas suffisamment remplacés par un lectorat plus jeune.
Ce deuxième constat met en évidence la situation précaire dans lequel le Nic se trouve. Il doit parvenir, d’une manière ou d’une autre, à accrocher les jeunes générations. Sa survie en dépend.
Il faut toutefois admettre que le défi est de taille. La jeunesse semble plus encline à étancher ses soifs superficielles qu’à débattre de questions existentielles.
Mais parallèlement à cette tendance généralisée vers la dissolution, on peut observer une recherche de sens et une quête d’absolu chez une fraction désenchantée, de plus en plus importante, des jeunes générations. C’est ce bassin de population que le Nic devrait rejoindre et alimenter en lui proposant les éléments de la foi catholique.
Changement d’attentes
Face aux vents contraires qui soufflent sur notre monde, l’on peut être tenté de baisser les bras. Mais il ne peut être question pour le Nic d’abandonner la mission. Plus le monde dans lequel il s’insère s’éloigne de la vérité, plus il doit déployer ses efforts pour montrer la voie du salut. Les obstacles qui se dressent sur sa route ne sont pas là pour le faire virer de bord mais pour lui apprendre à les surmonter en faisant mieux et autrement.
L’effort d’adaptation au contexte d’aujourd’hui réclame la prise en considération de la mutation profonde de la population, locale et mondiale, en regard de l’information. Les attentes et les exigences ne sont plus les mêmes qu’il y a à peine une ou deux décennies. En quelques années, ils ont été profondément modifiés par l’accès généralisé à l’Internet. Les informations sur les événements de l’actualité, aussi bien au niveau local que planétaire, sont devenues accessibles quasi instantanément, en quelques clics.
C’est dans ce lieu médiatique que se retrouve la génération montante. Elle a une forte tendance à négliger livres et magazines pour profiter de la communication électronique. La révolution de Gates a relégué à la marge celle de Gutenberg. C’est par l’Internet, surtout, que les jeunes pourront désormais s’édifier, s’éduquer, se cultiver en puisant directement dans les ressources mondiales de l’information et de la connaissance.
La demande
Le chrétien que le Nic veut susciter ou alimenter est identique à ce jeune homme ou cette jeune femme d’aujourd’hui qui se développe dans le sillage de l’Internet. La jeunesse chrétienne en devenir veut savoir et cherche, par ce moyen, à étancher sa soif de vérité. Elle a besoin en plus de définir son appartenance, de découvrir et participer à la construction du milieu où elle pourra se développer et se réaliser. Elle a besoin d’être soutenue par une communauté de vie.
La paroisse —la communauté de base des chrétiens depuis deux millénaires— joue normalement ce rôle de soutien de la foi. Mais depuis l’avènement du pluralisme sociétaire, depuis la désertification du milieu ecclésial, il semble que la vie paroissiale ait quelque peu perdu de son ascendant et de son efficacité. Les rencontres hebdomadaires des pratiquants, dans le contexte anonyme et démobilisant des églises presque vides, parviennent peu ou prou à répondre au besoin de chaleur fraternelle qui peut entretenir et alimenter le feu de la foi.
Que dire des croyants qui ne fréquentent pas régulièrement les lieux de culte? Ils ont aussi besoin du support d’une forme ou l’autre de vie communautaire pour persévérer dans leur démarche. Ils ont besoin de sentir qu’ils ne sont pas seuls et isolés au milieu des vents contraires. Ils ont besoin de se soutenir mutuellement et de vivre une complicité avec d’autres humains parcourant un itinéraire similaire.
Projet interactif
Aujourd’hui, les églises à construire, ce sont surtout des ponts de communication. Ce sont des églises de papier, des églises d’ondes radiophoniques et télévisuelles, des églises électroniques dont les chrétiens d’aujourd’hui ont le plus besoin.
Dans la foulée de ces prises de conscience s’est fait jour le projet d’un site Internet interactif d’envergure mondiale sous la bannière du Nic. Des internautes de toutes provenances pourraient y trouver des informations exclusives touchant à l’actualité religieuse locale et mondiale, catholique et œcuménique. Ils pourraient y découvrir des éléments d’édification de la foi au travers des reportages, témoignages, chroniques et analyses éditoriales publiés sur le site. Des blogues et des forums d’échanges et de discussion dans un contexte d’éducation et de croissance de la foi, ouverts gratuitement sur la toile électronique mondiale, pourraient contribuer grandement à consolider la solidarité des chrétiens entre eux.
Et le Nic dans tout ça?
Un projet aussi ambitieux et efficace, pourra-t-on demander, ne risque-t-il pas de prendre la place qu’occupe, bien modestement, le Nic et d’amener ainsi sa disparition à plus ou moins brève échéance?
Nous croyons au contraire, qu’on peut en attendre non seulement la survie mais une grande expansion et la résolution définitive du problème des déficits endémiques. Un site Internet ouvert sur le monde constituera une fenêtre publicitaire de choix pour faire connaître et apprécier le magazine.
Certes, le développement d’un site Internet qui lui sera rattaché aura un impact sur son contenu. La périodicité de la revue ne permet pas de rivaliser avec la publication quasi instantanée de nouvelles sur le web. Par contre, elle autorise un second regard sur l’actualité. Elle peut proposer un approfondissement de la pensée religieuse et une mise à jour des raisons de croire.
L’orientation rédactionnelle s’en trouvera sûrement modifiée de sorte que l’événement d’actualité y sera plus commenté que reflété sous la forme de dépêches objectives. Les témoignages de foi, les reportages de vie communautaire, les chroniques, les analyses éditoriales constitueront le principal axe d’un contenu attrayant et nourrissant pour la vie du chrétien, fut-il pratiquant ou distant.
Campagne éclair
N’est-ce pas que notre projet est beau et emballant? N’est-ce pas qu’il met les voiles en avant toutes vers les trésors que Dieu met en réserve pour notre peuple? N’est-ce pas qu’il pourra contribuer à un devenir meilleur pour l’humanité et l’Église de Jésus Christ?
Chers lecteurs et lectrices, le voulez-vous, ce projet? Oui, vous le voulez, j’en suis persuadé, parce que vous avez l’Esprit de Dieu en vous. Et puisque vous le voulez, nous le ferons. Nous sommes déterminés. Nous allons donner nos dernières énergies pour l’accoucher si vous nous en donnez les moyens. Je n’ai pas de doute. Vous êtes d’une telle générosité. Ensemble, nous réussirons.
Les moyens dont je parle, c’est 70 000 $ qu’il en coûtera pour démarrer et maintenir ce projet pendant un an. Par la suite, nous comptons bien qu’il s’autofinancera. Par vos dons, donnez-lui donc le coup d’envoi et ce sera la fin des campagnes de financement pour la survie du Nic. Je vous le garantis.
Il n’est pas question, toutefois, d’étirer cette levée de fonds pendant un an. C’est d’une campagne éclair dont nous avons besoin pour nous mettre immédiatement à la tâche. Je nous donne deux mois pour réunir la somme nécessaire. Et que ça saute, par-Dieu!
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