L'Action démocratique du Québec et son avenir - La défaite électorale du 8 décembre 2008
Pourquoi l’Action démocratique du Québec, hier, le parti de l’opposition officielle au Parlement, aujourd’hui, se retrouve au bord de la disparition, par une cuisante défaite électorale? Ce n’est pas le parti gouvernemental qui fut défait, ce fut son opposition! La déconfiture de l’ADQ prend l’allure d’une gifle monumentale exprimant la colère d’un peuple qui misait gros sur lui, qui espérait gros en lui, mais qui fut profondément déçu. La sanction fut sévère mais comporte tout de même une offre de seconde chance ou de rémission, en accordant sept députés (sept le chiffre parfait), pour encourager ce mouton têtu à se réaligner sur la volonté de l’électorat. Ce qu’il sanctionne? L’amateurisme et l’irresponsabilité, la médiocrité des résultats, la naïveté et la paresse.
Un électeur sur deux s’est présenté aux urnes, et sur ce, un sur deux a choisi de confier le pouvoir aux Libéraux, talonnés d’un Achille péquiste. L’ADQ aurait été le premier choix d’une majorité d’électeurs, qui bouda dès le début du déclenchement des élections la formation inefficace de Mario Dumont, après lui avoir donné sur un plateau d’argent la possibilité de diriger l’opposition officielle à Québec. Ce cadeau a une explication. L’électorat ne veut plus des capitalistes libéraux, bon gestionnaires mais sans vision familiale, sociale et nationale. Elle ne veut pas non plus des Péquistes, mauvais gestionnaires des hôpitaux et des écoles, mais idéologues modernistes, nationalistes et socialistes verbeux. Ces deux partis centralisent, bureaucratisent et médiocratisent la vie publique et toute la société.
L’ADQ se présentait comme l’alternative pratique aux «vieux partis» ; comme le parti des familles de la classe moyenne. Cela fut une grave erreur de fonds et une bévue stratégique. Car ce fut une prétention, une étiquette, un effort de marketing. Il ne suffit pas d’être un compromis échangiste, il faut être une solution à un problème. Les Libéraux se sont présentés comme la solution au problème de déstabilisation venant de la crise économique. Ils l’ont emporté.
Les idées du programme de l’ADQ n’étaient pas mauvaises en soi et se défendaient. Elles recueillaient un capital de sympathie dans bon nombre de chaumières. Cependant, elles manquaient de gravité et de simplicité ; il y en avait trop. Le seul dossier de la disparition des Commissions scolaires était en soi une thèse énorme à défendre. L’évoquer ne suffit pas. Le démontrer, cela se devait. Quand on a une douzaines de dossiers de cette envergure à présenter à l’électorat en même temps, ce dernier est en droit de se demander si on a la capacité de mener à terme ces dossiers.
Mario Dumont et son parti ont ainsi démontré qu’ils n’étaient pas l’alternative aux Libéraux affairistes ou aux Péquistes idéalistes. L’électorat finaud opta pour un compromis: le Libéral gouvernera avec une mince majorité, le Péquiste le talonnera sur le point et la virgule (et il excelle en ce domaine), et l’Adéquiste fera sa pénitence dans son coin.
Mario Dumont, le chef, a tout compris. Il s’est retiré immédiatement. Chapeau, c’est un grand homme. Je salue son travail parlementaire, son courage et son effort politique depuis 14 ans.
Que doit faire maintenant l’ADQ?
a) Se trouver un chef. Sans déchirement à la manière libérale fédérale ou provinciale péquiste. Trouver un consensus interne, faire une œuvre d’équipe, proposer une désignation aux membres. Sinon exit l’ADQ des consciences des électeurs qui ont la mémoire longue.
b) Une tournée des comtés par le chef nouveau, pour se présenter, se faire connaître, rassembler les membres, les écouter et recevoir leurs commentaires pour les traduire en programme. Pour devenir leur représentant sur la base du programme Allaire du parti. Il doit «tisonner» ses membres amorphes. Et présenter sa propre vision politique des choses publiques.
c) Dans chaque comté, miser sur le bénévolat, le rassembler, l’organiser pour réunir les membres mensuellement, même s’ils sont dix ou douze. Agir comme une famille. Le président de comté n’est pas un titre honorifique, c’est une responsabilité d’organisateur.
d) Rejeter catégoriquement tout membre ou candidat réfractaire à la religion chrétienne, tel le maire Gendron de Huntingdon. Car le problème politique actuel du monde moderne est un problème religieux de fond.

