Brigitte Bédard

Le Devoir n'en rate pas une...

J'ai eu en cadeau un abonnement de quatre semaines au journal Le Devoir. J'apprécie énormément L'Agenda du week-end, même si, règle générale, je n'ai jamais le temps de regarder la télé.

Malheureusement pour Le Devoir - mais heureusement pour ma bonne humeur - je ne m'abonnerai pas au Devoir une fois mon "cadeau" expiré.

Pourquoi ? Eh bien, simplement parce qu'il n'est pas un matin, pas une édition, pas un cahier, de ce journal qui n'en profite pas pour passer son message multiculturaliste et antipapiste. Et même quand ils veulent faire "branchés" et qu'ils parlent des Juifs (article de l'édition d'hier), ils réussissent à en faire un mini-cours ECR sur les habitudes alimentaires et les obligations de la femme. C'était à se tordre de rire. Pas un mot sur la foi ou quelque chose de profond. Non, non.

Je vous le dis, c'est tellement prévisible tout ce qu'on peut lire dans ce journal en ce qui concerne la religion que ce matin, je me suis mis au défi très personnel de "deviner" QUI Le Devoir aura interviewé pour commenter le départ du Cardinal pour Rome.

Eh bien... Êtes-vous surpris que je sois tombée dessus? J'avais gagé LOUIS ROUSSEAU... Et Tadam, Louis Rousseau ce fut !!!! Celui-là même qu'on retrouvait à la télé dernièrement pour défendre le cours ECR.

M. Rousseau n'en rate pas une - et Le Devoir non plus - de nous dire combien le Cardinal est déconnecté de "la réalité" avec ses propos sur l'avortement entre autre, et qu'il ne fait que répéter les ordres du Vatican.

M. Rousseau... S'agirait de savoir de quelle réalité on parle et de quels ordres on parle.

La réalité est toujours la même et l'Écriture itou.

M. Rousseau voudrait tant que ça change... Et, étant donné que ça ne change pas - cette "chose" à naître est bel et bien un "être humain" et cette "chose" sur laquelle se base le Vatican est bel et bien toujours la même sainte Écriture, révélée par le même Bon Dieu...

M. Rousseau, "religiologue" (???) de formation, affirme que M. le Cardinal a "raté son coup" ici, au Québec, et qu'il le sait parce qu'il n'a pas rallié de nouveaux fidèles...

Je ne sais pas où M. Rousseau regarde, mais s'il veut se mettre au fait - comme Le Devoir, dont c'est la tâche - il pourrait aller faire un tour dans les communautés nouvelles qui poussent comme des champignons et lire autre chose que le New York Time et Le Guardian... Il y a une presse, plus traditionnaliste, plus "catholique", qui voit les choses autrement... Là se trouvent les fruits du cardinal Marc Ouellet.


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Vos commentaires

Bravo

par Bernard Coulombe à 2010-07-02 18:09:21

Bravo! J'aime le fougue que vous mettez dans vos articles et je pense que jusqu'ici depuis que je vous lis je suis 100% d'accord avec vous. Mais j'aimerais vous demandez est-ce que vous croyez que les féministres lesbienne ont envahies le groupe des agentes de pastorale, aussi.ce que vous dite dans le dernier NIC mérite d'être répandu sur le net je veux le faire parvenir à tous ceux que je connais.
Merci de ce que vous êtes, merci d'être là.

Que dieu vous bénisse
Bernard Coulombe

@ M. Coulombe

par brigitte Bédard à 2010-07-02 20:07:34

Merci pour vos bons mots, mais vous auriez droit d'être en désaccord avec moi, vous savez! Ha! Ha! Ha!

Pour ce qui est des 'féministes lesbiennes', comme vous dites, ce que je sais, c'est que l'idéologie du féminisme a envahie toutes les sphères sociales que nous connaissons, et plus particulièrement en ce qui a trait à la santé, à l'éducation et aux médias. Les féministes ne sont pas toutes lesbiennes, et les lesbiennes ne sont pas toutes féministes, par contre... Quoi qu'il en soit, la propagation de cette 'doctrine' doit nous donner encore plus envie de propager la Bonne nouvelle de Jésus-Christ. Proposer Jésus, comme façon de vivre et d'être. En ce qui concerne les agents de pastorale, ce dont je me rends compte c'est qu'il y en a beaucoup qui sont contaminés par le relativisme moral et religieux.

Merci au NIC de me permettre d'écrire!

Petit renseignement

par Bernard Coulombe à 2010-07-15 20:21:12

15.07.2010
Anglicans : bientôt des évêchesses
Un recul pour l'oecuménisme.

Recul dont l'archevêque de Canterbury

se... lave les mains :





La presse relance le sujet sans lequel nul article sur le christianisme ne saurait être rédigé : la question des prêtresses et des évêchesses. Dans l'Eglise anglicane, pour l'instant...

Cette Eglise devient en effet la référence, pour des raisons qui doivent tout au sociétal et rien à la foi. Institution peu compréhensible pour des esprits latins, l'anglicanisme fonctionnait comme une association de clubs plus que comme une Eglise : il pouvait ainsi faire cohabiter les théologies les plus incompatibles, des anglicans quasi-catholiques aux anglicans quasi-protestants ; leur point commun se trouvait ailleurs que dans la religion : il résidait dans la façon britannique de concevoir l'essentiel, non dans la recherche d'une vérité, mais dans une conception de la décence en société. Selon cette perspective, il était devenu décent – à la fin du XXe siècle – que les femmes, n'étant plus « discriminées » dans la vie civile, ne le soient plus dans la vie religieuse, celle-ci n'étant qu'un aspect de celle-là. Il y eut donc des anglicanes prêtresses. Elles vont devenir évêchesses à partir de 2014. Question de logique...

Ainsi s'est creusé un abîme entre l'anglicanisme et les Eglises catholique et orthodoxes : celles-ci voient la prêtrise, non comme une fonction sociale, mais comme un sacrement qui n'est pas à la disposition de nos caprices. Elles soulignent que la masculinité du sacerdoce vient des temps apostoliques et de l'eucharistie telle que le Christ l'a instituée. Orthodoxes et catholiques ajoutent que les anglicans, et a fortiori les protestants, n'ont pas à tenir compte de cet aspect fondamental, puisqu'ils n'ont plus la « succession apostolique » de leurs épiscopats (là où il en subsiste) ni l'eucharistie au sens plénier...

L'alignement des anglicans sur les moeurs séculières ne fait ainsi qu'aggraver le problème de fond (l'eucharistie et l'épiscopat) qui les sépare des orthodoxes et des catholiques. La mentalité de l'Occident néolibéral – condensée dans les médias – a en effet rétréci l'horizon des valeurs jusqu'à n'en laisser qu'une seule : la « non-discrimination », impératif d'uniformisation du public par le confusionnisme ; d'où la suppression de tous les statuts (individuels et collectifs) qui exprimaient une échelle de valeurs, chose proscrite par la société de confusion. On en est aujourd'hui à nier la différence du masculin et du féminin : on doit donc, à plus forte raison, interdire les ultimes statuts réservés à des femmes ou à des hommes. Question de logique, toujours... Avec ses futures évêchesses (exemple de son alignement docile sur les impératifs médiatiques), l'anglicanisme n'est donc plus une bizarrerie insulaire : il devient l'avant-garde de ce que la société de confusion veut imposer à toutes les Eglises, dans tous les pays. D'où la sympathie que la presse européenne lui porte...

Bien sûr, ce processus n'a pas le consentement de tous. Les catholiques et les orthodoxes croyants voient les futures évêchesses comme un obstacle supplémentaire sur la route de l'oecuménisme. A l'intérieur du monde anglican, les « conservateurs » (comme disent nos journaux) ne sont pas heureux non plus : ils ont demandé à l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, que les récalcitrants puissent se rattacher à des diocèses « masculins » ; cette faculté leur a été refusée. Car la société séculière exige une obéissance et un alignement sans exceptions... Il y aura sans doute bientôt des lois pénales, dans nos pays, pour obtenir cela des Eglises.

C'est dans cette perspective de mimétisme qu'on doit comprendre certaines initiatives en Europe. Sous couleur de susciter « des échanges de vue larges et constructifs », ces initiatives vont donner l'impression que les catholiques doivent imiter les anglicans. On va entendre des discours contournant l'ecclésiologie, zappant Lumen Gentium, et présentant l'idée du sacerdoce des femmes comme une « ouverture de l'Eglise aux valeurs d'aujourd'hui ». Les conclusions seront tirées par les porte-parole de la papophobie ordinaire. On compte ainsi intimider les épiscopats. Affaire à suivre dès la rentrée

Découverte

par Daniel Bilodeau à 2010-07-17 21:07:43

Blasé de lire Le Devoir qui m'a sensuré 2 fois parce que je prenais position pour l'Église catholique, je viens de découvrir ce site qui me semble correspondre à mes valeurs et respectueux dans les commentaires des lecteurs. Bravo Brigitte, je partage votre opinion.

Notre société et les singes bonbono

par Bernard Coulombe à 2010-07-21 16:03:50

http://jeantardy.net/index.php/fr/essais/3-publiees/20-conjecture-bonobo
Visiter ce site trés intéressant

Haha: je ris jaune !

par Sébas à 2010-08-12 16:52:41

@ Bernard Coulombe:

Hahaha

Et ce n'est parce que je ris que c'est drôle... mais parce que tellement ça, la réalité...

Titre d'un livre d'un anthropologue de 2150 ?

'L'ÉPOQUE BONOBO'

Hahaha... que c'est quand même triste tout ça...

***

Voici autre chose (qui ressemble un peu au texte sur la conjecture bonobo) pour tous:

A MÉDITER:

La prédiction de Tocqueville:

Un lecteur note un passage célèbre du maître ouvrage de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tiré du chapitre intitulé : « Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre ». La prévision de l’écrivain est si juste, sa description correspond si bien à notre modernité que l’on serait tenté de parler de divination. Il s’agit de beaucoup mieux : une éblouissante analyse des causes permettant d’anticiper les effets :

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde. Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, pré-voyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple. »

*

Ne dirait-on pas une peinture de notre société ?


***

p.s.
Merci d'être là Brigitte Bédard. Si le clonage n'était pas un si mauvaise idée en soi, je demanderais que vous soyez cloné...
;-)

Lâchez pas et boycottons TOUS les médias qui nous servent de la m**de !!! Pas un sous aux manipulateurs/oppresseurs !

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