Revue de presse La CLÉ
Un enseignement réducteur, dit un expert français
Radio-Canada, 2009-05-12, 13H22
Le débat sur le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) se poursuit, mardi, au palais de justice de Drummondville. Un expert demandé par la défense a été appelé à témoigner. David Mascré, un docteur en philosophie, a témoigné par vidéoconférence depuis la France. Le philosophe a grandement étudié le contenu du cours d'éthique et de culture religieuse. Selon lui, la formation, qui est donnée à tous les enfants du Québec depuis septembre dernier, est très réductrice. À son avis, le cours revient à demander à des enfants d'apprendre à comparer une dizaine de langues, alors qu'ils maîtrisent à peine leur langue maternelle. M. Mascré estime que les élèves devraient avoir accès à plus d'outils pour se forger une opinion par rapport à leurs propres croyances avant d'apprendre à différencier celles des autres religions. Pour la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation, cet avis vient soutenir les craintes exprimées par de nombreux parents. « On avait tous pressenti ces choses-là auparavant. Donc, c'est très valorisant et c'est très intéressant de voir que même les experts au niveau universitaire viennent dire : " Aujourd'hui, on vous dit que vous avez raison les parents de vous inquiétez de ce programme. " Il y a de belles choses dans le programme. Il y a des choses aussi qui peuvent […] avoir des conséquences sur les enfants, sur la génération qui s'en vient et c'est la prudence qui est de mise dans ce temps-là », soutient Marie-Josée Croteau. Des parents présents dans la salle d'audience ont d'ailleurs applaudi à la fin du témoignage de M. Mascré, ce qui est inhabituel au tribunal.
Un témoignage attendu
Mardi après-midi, le sociologue et historien Gérard Bouchard, qui a coprésidé la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, sera appelé à témoigner. Rappelons qu'une famille de Drummondville conteste le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, autant au primaire qu'au secondaire. Les plaignants croient que la formation devrait être optionnelle pour respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques.
Lu sur Radio-Canada
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Cours d'éthique et de culture religieuse
Gérard Bouchard défend la nouvelle formation
Télévision de Radio-Canada, 2009-05-13
Le débat sur le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) s'est poursuivi, mardi, au palais de justice de Drummondville. Les deux parties ont profité de la deuxième journée d'audience pour faire entendre des témoins experts. En après-midi, la Couronne a fait témoigner le sociologue et historien Gérard Bouchard par vidéoconférence depuis l'Université Havard. Le coprésident de la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles a affirmé que le cours d'éthique et de culture religieuse constitue le meilleur moyen d'aider les jeunes à apprivoiser le multiculturalisme. Selon M. Bouchard, la crise des accommodements raisonnables n'aurait jamais éclaté si le cours était donné depuis longtemps dans les écoles québécoises. Le sociologue a souligné que reconnaître les différences permet de diminuer l'hostilité envers l'autre.
Un enseignement réducteur
En avant-midi, David Mascré, un docteur en philosophie, a également témoigné par vidéoconférence depuis la France. Le philosophe a grandement étudié le contenu du cours d'éthique et de culture religieuse. Selon lui, la formation, qui est donnée à tous les enfants du Québec depuis septembre dernier, est très réductrice. À son avis, le cours revient à demander à des enfants d'apprendre à comparer une dizaine de langues, alors qu'ils maîtrisent à peine leur langue maternelle. M. Mascré estime que les élèves devraient avoir accès à plus d'outils pour se forger une opinion par rapport à leurs propres croyances avant d'apprendre à différencier celles des autres religions. Pour la présidente de la Coalition pour la liberté en éducation, cet avis vient soutenir les craintes exprimées par de nombreux parents. « On avait tous pressenti ces choses-là auparavant. Donc, c'est très valorisant et c'est très intéressant de voir que même les experts au niveau universitaire viennent dire : "Aujourd'hui, on vous dit que vous avez raison, les parents, de vous inquiéter de ce programme." Il y a de belles choses dans le programme. Il y a des choses aussi qui peuvent […] avoir des conséquences sur les enfants, sur la génération qui s'en vient et c'est la prudence qui est de mise dans ce temps-là », soutient Marie-Josée Croteau. Des parents présents dans la salle d'audience ont d'ailleurs applaudi à la fin du témoignage de M. Mascré, ce qui est inhabituel au tribunal. Rappelons qu'une famille de Drummondville conteste le caractère obligatoire du nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, autant au primaire qu'au secondaire. Les plaignants croient que la formation devrait être optionnelle pour respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ou philosophiques.
Lu sur Radio-Canada
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Le reportage radio de Colette Mercy
"Le rapport Bouchard-Taylor pourrait se retourner contre le gouvernement car les parents demandent un accommodement raisonnable en accord avec… le sociologue Gérard Bouchard !" conclue Colette Mercy
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Cour supérieure à Drummondville
Deux experts déposent un plaidoyer contre le cours d’ÉCR
2009-05-12
Extrait
"Le programme « Éthique et culture religieuse » (ÉCR) est un programme dangereux et partial. En effet, il :
a) impose à l’élève une vision polythéiste du phénomène religieux ;
b) est relativiste ;
c) dissocie l’éthique et la morale et prétend à la neutralité lorsqu’il aborde les questions d'éthique ;
d) interfère dans la capacité des parents à transmettre leur foi à leur enfant."
L’ex-ministre du Parti Québécois, Louis O’Neil contre le cours d’ÉCR
Extrait
"Bref, il y a lieu, à mon avis, d’axer le débat actuel qui a trait au droit d’exemption sur les cinq points de repère suivants :
1) la primauté des droits parentaux en éducation, surtout quand ces droits concernent des convictions religieuses et morales ;
2) le droit que des enfants ne soient pas soumis à un endoctrinement que des parents estiment nocif, ce qui légitime le droit d’exemption ;
3) le risque d’une atteinte à la liberté de conscience que véhicule tout projet de religion civile ;
4) la présomption de bonne foi et de croyance sincère dont doivent bénéficier ceux qui réclament la liberté de choix et le droit d’exemption ;
5) la non-convenance d’interrogatoires de nature inquisitoriale visant à mettre en doute la bonne foi des personnes requérantes.
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L'obsession du cours d'Éthique et culture religieuse – ÉCR
YaPasdPresse/Blogue, 2009-05-12
Pour ceux qui, non associés à une religion ou une croyance spirituelle particulière, pensent que le virage de la dernière décennie en matière d'enseignement d'éthique et de culture religieuse ne concerne ni leurs enfants, ni les enfants de leurs enfants, il faut savoir que l'État québécois a désormais tous les outils légaux en main pour décréter ce qui est bien et mal pour vos enfants, ce qui peut ou doit leur être transmis comme valeurs spirituelles et éthiques, et ce avec ou sans votre consentement. Dans les prochains jours et prochaines semaines, je présenterai certains aspects méconnus du cours d'Éthique et culture religieuse (ÉCR). Ce dernier a été rendu obligatoire dans les curriculums du primaire et du secondaire, par le Gouvernement du Québec, à la rentrée scolaire québécoise de 2008. Le Parti Libéral du Québec a suivi les traces de ses conseillers et du Gouvernement précédent (Parti Québécois), et j'ose croire, sans en saisir les véritables enjeux.
Le biais (faux angle) instauré par le traitement médiatique
Certains médias francophones influents, et ce par exemple, depuis la course de Stockwell Day contre Jean Chrétien en 2000, ne se cachent pas de leur orientation, dans le fait que la place des chrétiens convaincus, n'est ni en politique ni dans les débats de société. Stockwell Day avait d'ailleurs dû demander aux journalistes francophones, pourquoi ils ne demandaient pas à Jean-Chrétien, un « catholique », s'il croyait à la doctrine de l'immaculée conception. Ceux-ci soulignaient de façon croissante ses convictions chrétiennes. On se croirait depuis cette année là, dans l'Allemagne de l'avant Deuxième Guerre mondiale (avant 1939) et ce n'est pas une figure de style. Quand par exemple, la radio de la Société Radio-Canada a posé, dans le contexte précédant les dernières élections fédérales de 2008 sur ses tribunes, la question à savoir si la population est en droit de connaître la religion des candidats aux élections, cela était aller très, très proche de la discrimination. Nous ne sommes pas loin du brassard jaune que devaient porter les Juifs dans une démocratie très en avance scientifiquement et technologiquement, il y a à peine un peu plus d'un demi siècle. Cela suggère fortement que la société d'État voit la nécessité d'un profilage religieux, dans lequel elle a déjà une bonne idée des religions non-grata. Cette attitude suggère qu'une personne chrétiennement engagée ne peut pas être un bon citoyen, mais surtout pas un leader politique. L'athée, l'agnostique, le gnostique et l'ésotérique sont "purs" (la race pure), mais pas le chrétien. Actuellement, le réseau TVA maintien une ligne plus objective, écoutant les arguments des deux parties dans le dossier de l'ÉCR. Il faut concéder que dimanche le 10 mai, la SRC a démontré une ouverture avec l'émission Second Regard, animée par Alain Crevier. Quelques mois plus tôt, l'ex-chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'y était fait écorcher par l'intervieweuse, comme si on avait été à une émission journalistique agressive. Ce n'était aucunement le ton habituel. Mais au-delà de l'émission Second Regard généralement plus "friendly" (conviviale), la SRC tend généralement à véhiculer le discours officiel des fonctionnaires et des concepteurs du programme et passer sous silence les arguments des opposants à l'ÉCR en tant que cours obligatoire pour tous.
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Cours ÉCR : Gérard Bouchard donne des munitions aux deux parties
Jean-Pierre Boisvert, La Tribune, 2009-05-13, p.8
Le témoignage de Gérard Bouchard, par vidéoconférence en direct de l'Université Harvard mardi après-midi, semble, à première vue, avoir donné des munitions aux deux parties qui s'affrontent au procès sur le cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR), au palais de justice de Drummondville. Assigné comme témoin par la défense, soit le procureur général du gouvernement du Québec, celui qui s'est surtout fait connaître pour avoir coprésidé la célèbre Commission Bouchard-Taylor a d'abord été invité à relater, devant le juge Jean-Guy Dubois de la Cour supérieure du Québec, les conditions « sociologiques » qui prévalaient au moment où ont été tenues les audiences de la commission. « Le Québec est venu près d'un vrai dérapage alors que régnait, en 2005, un climat d'insécurité face aux tensions interethniques », a expliqué M. Bouchard en réponse aux questions de Me Benoit Boucher, de la partie défenderesse. « On sentait même une certaine agressivité due à l'incompréhension, à la méconnaissance de la diversité religieuse à cette époque. Nous, à la commission, nous nous sommes rendus compte que la religion était toujours au cœur de l'affaire. Certains craignaient même que les musulmans parviendraient à imposer leur religion… Le Québec n'était plus le même que celui qu'avaient connu nos grands-parents… Quand on ne connaît pas l'autre, on devient plus intolérant », a-t-il raconté en substance. Selon lui, il était important de trouver des moyens préventifs pour maintenir une existence pacifique et c'est pourquoi l'une des recommandations du rapport Bouchard-Taylor consistait précisément « à faire la promotion de façon énergique du cours d'éthique et culture religieuse ».
Contre-interrogé par Me Jean-Pierre Bélisle, qui représente les parents qui cherchent à faire déclarer inconstitutionnelle l'obligation de suivre le cours ÉCR, M. Bouchard a dû reconnaître qu'aucun suivi direct ou privé n'a été effectué de la part du ministère de l'Éducation après le dépôt du rapport le 22 mai 2008. « Ils ont sans doute considéré qu'il appartenait à d'autres de prendre en mains la suite des choses », a indiqué M. Bouchard. Me Bélisle était d'accord avec M. Bouchard pour dire que le mot « promotion » signifiait une opération, à l'aide d'outils techniques comme des manuels ou DVD, pour faire connaître le contenu du programme ÉCR. Ce qui, aux yeux de Me Bélisle, n'a pas été fait. « Le ministère voulait imposer ce cours à tous et se foutait bien des recommandations du rapport », a-t-il affirmé à la sortie de la salle d'audience. D'expliquer Me Boucher à La Tribune : « Nous avons voulu, en faisant témoigner M. Bouchard, démontrer l'importance de l'état d'esprit qui régnait au moment de la commission et qu'il était devenu justifiable pour le ministère d'introduire le cours ÉCR ». En avant-midi, un expert français, David Mascré, docteur en philosophie et en mathématiques, s'est également fait entendre par vidéoconférence. Témoin des demandeurs, M. Mascré s'est dit d'avis qu'enseigner un tel cours à un enfant de sept ans revenait à lui demander d'apprendre sept langues avant même d'avoir assimiler la sienne. D'autres experts assignés par la défense seront entendus mercredi.
Lu sur La Tribune
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Le procès débutait lundi
Caroline Lepage, L'Express, 2009-05-13, p.1
Extrait:
Dès lundi, il y avait foule au palais de justice de Drummondville pour suivre le début du procès à la Cour supérieure du Québec, opposant une famille québécoise à la Commission scolaire des Chênes (CSDC) et au Procureur général du Québec. Le but : contester le caractère obligatoire du cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) pour les élèves de niveaux primaire et secondaire. Le procès devait se prolonger sur quatre jours, soit les 11, 12, 13 et 15 mai 2009. Il fait suite au refus de la CSDC d'entendre la demande d'exemption des parents, présentée, en juin. Le jugement, qui devrait faire jurisprudence, est donc attendu avec intérêt. Il guidera notamment la Cour supérieure du district de Bedford, qui s'inspirera du verdict pour se prononcer sur ce qu'il adviendra des six élèves suspendus temporairement de l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, de Granby, parce qu'ils s'étaient volontairement absentés du cours d'ÉCR.
Lu sur © 2009 L'Express du mercredi (Drummondville). Tous droits réservés.
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Un rapport avait sonné l'alarme
Site web de la SRC, 2009-05-13 à 14 h 12
Le procès entourant le caractère obligatoire du cours d'éthique et de culture religieuse (ÉCR) en est à sa troisième journée au palais de justice de Drummondville. Une famille réclame que la nouvelle formation, qui est offerte au primaire et au secondaire depuis septembre, devienne optionnelle pour respecter ses croyances religieuses et philosophiques. Mercredi, un responsable du nouveau cours d'ÉCR au ministère de l'Éducation est venu expliquer le processus qui a conduit à la mise en place du cours. Jacques Pettigrew a indiqué que 3,5 millions de dollars avaient été dépensés pour former les enseignants.[!] En contre-interrogatoire, M. Pettigrew a reconnu qu'un rapport, produit en 2007, soulignait que le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse suscitait des craintes au sein de la population. Le représentant du ministère de l'Éducation a affirmé que plusieurs recommandations avaient été formulées dans le rapport Fleury pour apaiser ces craintes, mais qu'aucune d'entre elles n'avait été suivie par le gouvernement. Pour l'avocat de la partie demanderesse, Me Jean-Pierre Belisle, les autorités gouvernementales ont ignoré certains signaux d'alarme. « Il y a des susceptibilités, […] des appréhensions du public en général, des parents et des élèves face à l'introduction du cours. C'est une autre lumière rouge qui était allumée au gouvernement, et le gouvernement a ignoré la lumière rouge », croit-il. Le philosophe Georges Leroux et le théologien Jacques Routhier sont appelés à témoigner mercredi après-midi.
Lu sur Radio-Canada

