Lettre ouverte à Richard Martineau
Le 5 avril 2012
Objet: Franc- parler et Franc- respect
Monsieur Martineau,
J’ai eu l’occasion d’écouter vos commentaires à l’émission : Tout le monde en parle. J’ai bien apprécié vos points de vue en ce qui a trait aux étudiants et à la peine de mort. Votre franc-parler amène à la réflexion. Cependant, j’ai constaté une certaine agressivité ou plutôt une agressivité certaine de votre part envers Mgr Christian Lépine qui représente l’Église catholique de Montréal. Vous semblez avoir une grosse crotte sur le cœur contre l’Église catholique. On percevait clairement que vous cherchiez à le mettre en boîte.
Bien sûr, cela vous appartient de croire ou de ne pas croire, d’aimer ou de détester qui vous voulez mais le franc-parler nous donne-t-il le droit de ridiculiser ou de manquer de respect envers certaines personnes ? Je dois vous avouer que je m’attendais bien naïvement à ce que Mgr Lépine ait droit au même égard que les autres invités.
Si vous le permettez, j’aimerais apporter à votre attention quelques commentaires personnels sur certains points qui ont été soulevés lors de cette émission, par exemple : le pourquoi de certains préceptes de l’Église catholique en ce qui a trait au mariage des prêtres et à la chasteté.
Mariage des prêtres :
- Avant de choisir d’être prêtre, les personnes savent à quoi s’en tenir.
Pour suivre le Christ, il leur a dit à peu près en ces termes: « Quittez tout ce que vous avez et suivez-moi… » . Si, en cours de route, certains prêtres réalisent que cela ne leur convient pas, ils sont libres de quitter le sacerdoce.
Pourquoi cette tendance à vouloir changer à tout prix des traditions religieuses millénaires pour les adapter à notre mesure et à nos faiblesses.
- D’autre part, en ce qui a trait à cette idée de vouloir absolument que les prêtres se marient pour mieux comprendre les problèmes de couples. Je me questionne à savoir si cela ne devrait pas s’appliquer aussi aux médecins, psychologues, et autres professionnels de la santé, que nous continuons à aller consulter et en qui nous faisons confiance et ce même s’ils n’ont pas eu les mêmes problèmes de santé que nous ? Mais voilà que les faits nous démontrent qu’ils savent guérir quand même la plupart de nos maux physiques.
Cette même logique s’applique, selon moi, aux prêtres qui savent nous aider à traverser et à supporter certaines difficultés ou épreuves dans notre couple et ce, même s’ils ne sont pas mariés, grâce à une connaissance spirituelle et théologique de la vie humaine et avec l’aide de la prière.
Je conviens qu’à travers l’histoire de l’Église, certains de ses membres ont commis des erreurs de toutes sortes, que je ne détaillerai pas ici. Mais malgré le fait qu’ils aient réussi à éloigner plusieurs personnes de l’Église, cela n’enlève en rien la beauté du message du Christ et de la Foi catholique.
- Les problèmes qui se présentent concernant la pédophilie n’ont rien à voir avec le fait d’être marié ou pas. La preuve, c’est que nous trouvons dans différentes sphères de notre société des personnes mariées, que ce soit dans l’Église protestante ou dans d’autres secteurs de la société, qui travaillent auprès de jeunes et qui souffrent aussi de pédophilie.
Pour ce qui est de la chasteté
- Pourquoi reprocher à l’Église catholique de n’avoir pas évolué, parce qu’elle ose continuer à promouvoir la chasteté ? À votre avis, peut-on parler vraiment d’évolution lorsqu’on rencontre de nos jours, et plus que jamais, autant de gens malheureux, des couples souffrants, des jeunes qui sont blasés, qui se droguent, qui se suicident, qui sont dégouttés de la vie. Et pourtant, la chasteté n’est pas de rigueur et, pour plusieurs, tout semble être permis.
- L’histoire nous démontre que c’est grâce au christianisme qu’il y a eu une nouvelle conception de la notion de désir et du respect de la femme et de l’enfant, lorsque l’empire romain succombait au IVe siècle sous le poids du concubinat et de la déchéance, car le plaisir pour le plaisir devenait déstructurant et mortel pour la société.
Je vous remercie de votre compréhension et de m’avoir lue jusqu’au bout.
Veuillez acceptez monsieur Martineau, mes salutations les meilleures,
Monique Khouzam-Gendron
Montréal, QC
