L'Évangile selon Alain Dubuc
NDLR: Nous reproduisons ici une lettre d'opinion que Luc Phaneuf a fait parvenir à la Presse en réponse au billet de monsieur Alain Dubuc concernant le cardinal Marc Ouellet.
Dans son billet sur Mgr Ouellet (L’électron libre de Dieu), Alain Dubuc a fait la désolante démonstration de son aveuglement et de celui d’une majorité de personnes de sa génération, les boomers, en matière de morale sexuelle et d’avortement. Mgr Ouellet, contrairement aux autres évêques du Québec (qui se taisent et se terrent), est le seul qui a le courage de défendre publiquement, en accord avec la position de son Église, la valeur inaliénable de chaque vie humaine, de la naissance à la mort. Selon ce principe, l’avortement est un mal moral, un « crime », puisqu’il s’agit de la destruction d’une vie humaine.
En ce sens, oui, Mgr Ouellet est un évangélisateur, un militant et un combattant, ce que lui reproche Alain Dubuc, qui préférerait probablement qu’il se taise. Si pour le chroniqueur défendre la vie, inciter les Québécois à adorer autre chose que l’argent et la création de la richesse (à chacun son Dieu) fait de lui un « réactionnaire », c’est peut-être parce que l’archevêque de Québec ne considère pas avec le même aveuglement que lui, le présumé « progrès moral » des dernières décennies au Québec en matière de moeurs.
Enfin, contrairement à ce que pense Dubuc, Mgr Ouellet, même s’il prêche une parole et des points de vue impopulaires, ne contribue pas à faire de l’Église catholique qu’il représente une secte, bien au contraire. En défendant avec une douce obstination des valeurs aussi nobles que le respect de la vie, le mariage, les familles, pour ne nommer que celles-là, il fait la démonstration de la pertinence de l’Église au sein de la société moderne occidentale, l’Église étant la dernière instance sociale – que les progressistes veulent faire taire ou abattre ! – qui ose s’opposer aux vues dites progressistes des « nouveaux curés » (avortement, suicide assisté, euthanasie, etc.) au motif du respect de la dignité inaliénable de la personne humaine.
M. Dubuc a bien le droit d’exprimer dans ses chroniques ses points de vue convenus et bourrés de clichés en matière de religion et de morale catholique, mais s’attaquer ainsi bêtement au cardinal Ouellet le déshonore, ainsi que le journal qui le publie.
Luc Phaneuf, 45 ans
Enseignant
Delson

