Bande de Gaza : qui est coupable?
Tout d’abord, bonne année à vous tous! Qu’elle soit pleine de cette joie qu’apporte le Christ nouveau-né!
Mes bons souhaits vous étant présentés, je ne peux ignorer ce qui se passe dans la bande de Gaza. Des combats lancés abruptement deux jours après Noël et qui font toujours davantage de victimes : plus de 750 morts et plus de 3200 blessés (jeudi 8 janvier). Pourquoi? Alors là, il faudrait des jours et des jours de discussions. Car de part et d’autre, les explications sont si opposées, si différentes qu’elles attisent toujours les tensions.
Le plus troublant dans la crise actuelle est le fait que ce sont les enfants qui en paieront le prix, « premières victimes de toute violence », comme le déclarait, toujours mercredi, le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’État du Vatican, exprimant ainsi « sa solidarité avec les enfants de Gaza. » (Agence Zenit)
L’ONU estime que les enfants représentent au moins 56 pour cent des 1,5 millions d’habitants dans la bande de Gaza. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), entre le 27 décembre et le 8 janvier, 176 enfants et 86 femmes sont morts dans les frappes et des 2 950 ont été blessés, 40 pour cent seraient des enfants et 18 pour cent des femmes. De plus, même avant le début du conflit, l’organisme Save the children estimait que 50 000 enfants vivaient déjà une situation de malnutrition et la moitié des enfants de moins de deux ans souffraient d'anémie. Sans compter tous les enfants qui vivront un traumatisme permanent ainsi que la perte d’un père. Le docteur Eyad al-Sarraj, psychiatre directeur du Programme communautaire de santé mentale de Gaza : « Les enfants ont perdu la figure du père en tant que protecteur et vont chercher à rejoindre les rangs de groupes militants pour la remplacer » (IRIN, agence d’information de l’ONU). Beau lendemain en perspective…
C’est peut-être là que les chrétiens de la Terre Sainte ont un grand rôle à jouer. « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ». Cette parole de Jésus de Nazareth ne doit-elle pas résonner davantage dans les Églises chrétiennes du monde, en solidarité avec toutes les victimes de la haine, à Gaza, en Israël et ailleurs? Les chrétiens ne devraient-ils pas être sur la première ligne des projets de réconciliation? Être chrétien, c’est plus qu’une question identitaire : c’est une rencontre intérieure qui nous oblige à bouger, souvent dans le sens le moins populaire. Comme Jésus sur la croix qui aime encore…
Le coupable en Terre Sainte, c’est la haine. Qu’en pensez-vous?
