Le schisme de la hiérarchie
C’est par ce titre très accrocheur "Le schisme de la hiérarchie" que le bulletin trimestriel, printemps 2009 no.28, de l’Association des diplômés en théologie de l’Université de Montréal attaque de front la hiérarchie catholique.
On sait très bien que cette faculté, qui n’a plus rien de canonique, est reconnue pour ses prises de positions frondeuses envers le Magistère.
Mais, dans ce numéro, sous la plume de la théologienne IVONE GEBARA, on y va d’une charge à fond de train contre l’Autorité ecclésiale.
À partir des événements concernant l’avortement de la jeune brésilienne qui ont fait le tour du monde au printemps dernier, on en profite pour annoncer aux lecteurs que nous sommes en face d’un « schisme de la hiérarchie catholique ». (sic)
Benoît XVI et l’ensemble des évêques du monde qui pensent comme lui seraient devenus schismatiques ! Rien de moins !
Évidemment notre revue théologique « Dans le trafic » semble en accord avec les hurlements hystériques des médias athées et avec leurs reportages biaisés et tordus qui ont déformé la réalité en tombant à bras raccourcis sur le Pape au cours des derniers mois.
Notre théologienne postmoderne affirme que le Saint-Père et les évêques qui lui sont fidèles seraient complètement déconnectés de la réalité moderne, car « ils s’estiment plus fidèles à l’Évangile que la communauté elle-même ». C’est la « preuve » qu’ils sont « schismatiques ». (sic)
Pour IVONE GEBARA, l’Église catholique « ne doit pas se substituer à la conscience, aux décisions et au devoir des personnes ». Quand le Pape et le Magistère parlent, c’est tout simplement une opinion parmi tant d’autres !
Pour cette « savante » dame, le temps des vérités de foi est révolu ! Notre théologienne se fie d’abord et avant tout sur l’opinion des multiples communautés chrétiennes et NON sur la doctrine officielle de l’Église. Elle va même plus loin en affirmant que d’une communauté à une autre « les opinions peuvent varier, chacune ayant son histoire, ses choix, sa culture et sa vision devant la vie ». Au gré du temps et des époques, la doctrine peut également changer.
Elle avoue candidement que sa position « n’est pas la position officielle de l’Église romaine ». Et elle se moque de l’institution en ricanant : « que signifie aujourd’hui la parole officielle ? Qu’est donc l’Église officielle ? _ _ _ La hiérarchie n’est qu’une infime partie de l’Église », ajoute-t-elle, de façon dédaigneuse et méprisante.
La vraie Église, « c’est la communauté » (sic) qui est la seule à avoir l’heure juste. Et notre théologienne rebelle de conclure « qu’un schisme historique est en train de se construire et de croître dans différents pays, car la distance entre les fidèles et la hiérarchie est marquante ».
Alors, devant cette rébellion à ciel ouvert, que peut-on ajouter de plus ?
La faculté de théologie de l’Université de Montréal est-elle encore catholique ? NON ! Ne sommes-nous pas en face d’une véritable tour de Babel où le relativisme va prendre toute la place ? OUI !
Dans cette Église « cool » et très ouverte, chacun pourra décréter, selon sa « conscience » chloroformée aux vapeurs empoisonnées des idées à la mode, ce qui lui convient le mieux. Le Pape et les évêques n’ont plus qu’à se conformer aux dictats des communautés de base, car désormais ce sont elles qui vont définir en quoi consiste la morale et la saine doctrine. Toute cette populaire bouillie théologique sent à plein nez le protestantisme.
Quand IVONE GEBARA décrète que Rome, ainsi que tous les évêques qui appuient Benoît XVI, sont schismatiques, ça me fait bien rire et ça me désole au plus haut point. Pour ceux et celles qui sont vraiment fidèles à l’Église du Christ, les vrais schismatiques ce sont plutôt tous ces orgueilleux rebelles qui s’autoproclament excellents catholiques et qui, en même temps, affirment haut et fort qu’ils ne supportent plus l’autorité romaine parce qu’ils ont décidé de suivre le monde païen et de faire à leur tête.

