Quand on dénature Vatican II
« Partout des catholiques en colère dénoncent Benoît XVI et crient haut et fort que leur Église ne leur appartient plus ». C’est par ces propos accusateurs que le magazine l’Actualité (août 2009), sous la plume du journaliste Rock Côté, attaque Benoît XVI, la Curie, la primauté du Pape, le Magistère, la doctrine et la morale officielles de l’Église catholique romaine.
Dans cette charge à fond de train, l’Actualité reçoit l’appui du curé Claude Lefebvre, de la paroisse St-Étienne de Montréal. Celui –ci avoue candidement s’inspirer des idées du théologien rebelle Hans Küng, grand promoteur de la liberté de conscience individuelle, qui doit avoir la priorité sur les positions officielles de l’Église en matière de doctrine, de foi et de morale.
Notre prêtre, âgé de 76 ans, en lutte contre le Pape déplore que « les curés ne sont plus crédibles parce qu’ils ont perdu l’esprit de Vatican II ».
Il compare le St-Père à Louis XIV qui serait un abominable dictateur. À ses yeux, le dernier concile avait comme objectif de mettre la doctrine de l’Église au diapason du monde moderne.
Même l’ancien évêque de Hull, Mgr Paul-Émile Charbonneau, 87 ans, y met son grain de sel en critiquant sévèrement l’âge avancé du Pape, en associant la papauté à une indigeste monarchie absolue et en souhaitant un fonctionnement démocratique de l’Église catholique. Enfin, le Réseau Culture et Foi en a ras le bol de Rome ; ses membres exigent des Églises locales autonomes. Le coprésident de ce réseau très contestataire, Claude Giasson, accuse Benoît XVI d’avoir peur de la modernité et d’avoir de vieux réflexes dogmatiques et autoritaires. Plusieurs de ses membres rêvent, paraît-il, de sortir de l’Église de Rome.
Remettons les pendules à l’heure.
Tous ces prêtres, évêques, théologiens et laïcs qui invoquent haut et fort Vatican II pour justifier leur rébellion font fausse route. Ils n’ont pas lu les décrets conciliaires ou ils les interprètent de mauvaise foi pour mieux soutenir leur thèse, leurs hérésies ou leur style de vie.
Regardons et relisons objectivement les décisions du Concile :
Où est-il écrit que les structures de l’Église devraient devenir une démocratie populaire où chaque Église locale pourrait à sa convenance, selon l’époque ou l’humeur des sondages, décider comme des gouvernements modernes, en matière de foi, de morale, de doctrine, de liturgie ou de discipline ecclésiale ?
Où est-il écrit que la confession individuelle doit être remplacée par l’absolution collective ?
Où est-il écrit qu’il faut accepter le sacerdoce des femmes et le mariage des prêtres ?
Où est-il écrit que l’homosexualité est devenue une nouvelle valeur à promouvoir ?
Où est-il écrit que le divorce, l’avortement, le concubinage, l’amour libre et le mariage gai sont maintenant des valeurs nouvelles très recommandables ?
Où est-il écrit que le relativisme moderne doit devenir une valeur à la mode dans notre Église catholique ?
Où est-il écrit que le Pape n’a plus aucune infaillibilité ?
Où est-il écrit qu’il faut réécrire et réinterpréter la Bible pour la rendre acceptable à notre monde en pleine décadence ?
Où est-il écrit que les dogmes devraient être modifiés ?
Où est-il écrit que les commandements de Dieu devraient être assouplis et adaptés aux nouvelles valeurs du monde ?
Où est-il écrit que le Malin, le purgatoire et l’enfer n’existent plus et que tout le monde va directement au ciel ?
Où est-il écrit que le péché originel n’existe plus ?
Où est-il écrit, qu’après Vatican II, on doive maintenant regarder toutes les religions sur le même pied d’égalité et leur donner la même crédibilité, comme le fait si bien le Cours d’Éthique et de Culture Religieuse ?
Où est-il écrit que, grâce à Vatican II, la contraception, les manipulations génétiques et le condom sont maintenant acceptés par l’Église ?
Où est-il écrit que le Concile aurait décrété que les Apparitions reconnues de la Vierge ne seraient que de pauvres hallucinations ?
Où est-il écrit qu’il faut dénigrer et même abolir les élans de piété populaire comme les processions, les adorations, le chapelet, etc. ?
Où est-il écrit que dorénavant les évêques seront élus par les catholiques de la base ?
Où est-il écrit que l’eucharistie doit maintenant être considérée comme un simple mémorial ?
Où est-il écrit que la conscience individuelle, en dernier lieu, a la primauté sur l’enseignement officiel de l’Église ?
Vatican II a-t-il interdit formellement la messe en latin et le chant grégorien ?
Vatican II a-t-il aboli les décisions des autres conciles comme certains illuminés
s’obstinent à le répéter ?
Tous ces rebelles sont en train de massacrer le Concile Vatican II pour mieux justifier le style de vie de monsieur et madame tout le monde, ainsi que leur propre style de vie. Ils crient à tue-tête : « Il faut que l’Église s’adapte ». Cela signifie-t-il qu’elle doive se prostituer en suivant les modes populaires ?
Nous sommes en face d’une Église parallèle qui n’est plus très catholique, mais de plus en plus protestante. La barque de St-Pierre va-t-elle passer entre les mains de tous ces agitateurs qui ont été bouffés par un monde qui a vendu son âme au diable ?
Le clergé québécois semble de plus en plus contaminé par un nocif intellectualisme athée et couard, par une société sans Dieu et par une élite franc-maçonne.
Pour mieux faire passer toutes ces idées à la mode qui frise souvent l’hérésie, on en est arrivé à une surinterprétation très radicale des textes conciliaires. C’est comme cela qu’on a endormi les croyants du Québec qui n’y ont vu que du feu.
« Tout le monde le fait, tout le monde le pense, l’Église doit s’adapter ». Voilà la nouvelle façon de proposer aux fidèles la « vraie » religion catholique en ce début du 21ième siècle.
Alors, devant cette confusion généralisée et historique, ne faudrait-il pas, comme le suggère le Réseau Culture et Foi, « envisager de sortir l’Église de Rome » ?
L’abcès finira par crever ! Tous nos rebelles protestants, qui s’autoproclament encore catholiques et très fidèles à Vatican II, devront avoir le courage de leur conviction. Ils finiront peut-être par fonder l’Église « catholique » démocratique, en rupture avec Rome.
Mais, le petit reste fidèle au Pape, au Magistère, à Pierre et au Christ, constituera une minorité qui aura eu le courage de se tenir debout devant la meute apostate durant cette diabolique tempête.
S.V.P, savante et orgueilleuse intelligentsia religieuse du Québec, un peu plus de respect et d’objectivité envers Vatican II !
