Faut-il tuer mémère?
Voilà la question posée par le Journal de Montréal du 14 septembre 2009. Le Québec est au bord de la faillite. On a une dette de 213 milliards de dollars et les déficits s’accumulent. On ne voit plus la lumière au bout du tunnel !
Pourtant, le gouvernement continue de subventionner grassement n’importe quoi : Pensons aux 215 festivals annuels, aux téléromans-savon insignifiants, aux films souvent violents et dégradants, aux sports professionnels, au Grand Prix de la Formule 1, etc. Pensons à cette vache sacrée intouchable de la garderie à 7 dollars, alors qu’il en coûte 37 dollars par enfant à l’État. Et aux frais de scolarité ridicules, les plus bas au monde, payés par des étudiants qui se plaignent le ventre plein, etc.
La caisse est vide. Le système de santé coûte trop cher, nous disent les spécialistes ; il craque de toutes parts.
Alors faut-il tuer mémère ?
Des choix difficiles s’annoncent. Même si personne ne veut mourir, il va peut-être, nous disent les experts de la mort, falloir accepter l’euthanasie pour assainir les finances publiques.
Cela suppose faire des choix face à l’incapacité de l’État à payer. Les vieux coûtent très cher au système... alors, on pourrait bien déterminer arbitrairement qui a le droit de vivre et d’être bien soigné au Québec.
Entre des personnes de 70 ou 80 ans qui ont besoin de traitements contre un cancer, on pourrait se contenter de soigner des plus jeunes, peut-être de 40 et 50 ans, car on n’a plus les moyens d’en faire plus! Notre Québec postmoderne ira-t-il jusque-là? L’euthanasie active serait-elle la solution magique aux problèmes financiers de notre Québec décadent? Peut-être que oui, nous dit le Journal de Montréal!
Tous les sondages de la dernière année confirment qu’à 70%-75% les Québécois sont d’accord pour une loi qui légaliserait l’euthanasie. D’autres sondages ont révélé que les personnes âgées sont souvent maltraitées et abandonnées dans les CHSLD. Personnellement, j’ai un beau-frère âgé de 71 ans qui a été victime d’un grave anévrisme abdominal (une bombe à retardement lui a confirmé son spécialiste) qui patiente depuis 7 mois sur une longue liste d’attente et qui semble bien avoir été volontairement oublié.
Pour illustrer encore plus notre admiration collective pour la culture de la mort au Québec, l’émission de télévision « Paradis en direct » à TVA le 24 septembre 2009 à 12h30, avait invité le sage docteur Joseph Ayoub, spécialiste des soins palliatifs et oncologue très réputé à l’hôpital Notre-Dame de Montréal, un très grand défenseur de la vie. Pendant une demi-heure, on l’a bombardé de questions et de commentaires sur les supposés bienfaits de l’euthanasie que le Collège des Médecins du Québec vient de recommander au gouvernement.
Notre brave spécialiste a été d’une limpidité incroyable, défendant la vie de la conception jusqu’à la mort naturelle, malgré le déchaînement médiatique et les sautes d’humeur de l’animateur partisan de l’euthanasie. Il a expliqué très clairement la différence entre donner directement la mort (ce que souhaitent de plus en plus de médecins et de citoyens vendus à cette cause) et donner la médication requise pour diminuer et alléger la souffrance, même si indirectement, on pourrait provoquer la mort. Il a mis notre société en garde contre les dérapages possibles en ouvrant la porte à l’euthanasie, comme cela se vit actuellement en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas.
Malgré des arguments coulés dans le béton, le Dr. Ayoub a dû affronter la meute populaire sur les lignes ouvertes où 95% des personnes interrogées lui reprochaient la rigidité de son approche tout en réclamant une loi légalisant l’euthanasie sur demande. La culture de la mort est en fulgurante progression dans notre pauvre Québec délirant qui ne pense qu’à consommer et s’amuser.
ALORS, IL FAUDRA PROBABLEMENT TUER MÉMÈRE !

