Vendre son âme
Le dossier des églises à vendre, loin de se régler, prend actuellement des proportions très inquiétantes. La chronique de la journaliste Nathalie Pétrowski, dans le journal La Presse du 28 avril 2010, dénonce haut et fort la fermeture de l’Église Saint-Nom-de-Jésus, l’une des plus belles églises de Montréal.
Notre journaliste qui s’est déclarée athée à plusieurs reprises, répète dans son article qu’elle ne fréquente plus les églises, mais qu’elle n’accepte pas la fermeture de la plus belle église de Montréal, un joyau patrimonial.
Elle se rappelle avoir découvert ce lieu extraordinaire lors d’un concert pendant le festival, Orgues et couleurs. Cette église renferme un orgue d’une valeur inestimable, un véritable trésor, classé au sixième rang en Amérique du Nord qui serait vendu à une cathédrale de Toronto.
Mme Pétrowski fait une sainte colère face à notre indifférence générale suite à la fermeture de ce temple sacré. Cette église historique aux allures de cathédrale érigée en 1905 « est en soi le signe d’une générosité sociale qui mérite d’être rappelée et applaudie », ajoute-t-elle avec indignation.
Allons-nous comme collectivité accepter de livrer aux bulldozers ce riche patrimoine religieux et culturel ? Le dieu condo va-t-il encore une fois gagner en fin de course ?
« Même si je me fous de la religion, j’ai pris la pleine mesure, pour ne pas dire la pleine démesure du patrimoine religieux québécois, de sa valeur, de son importance et de son poids historique dans la lente édification d’une identité et d’une culture québécoise», affirme sans détour notre chroniqueuse en colère.
Cette église n’aurait rien à envier à la basilique Notre-Dame en matière de flamboyance. « C’est une honteuse aberration, un véritable péché mortel que de dilapider une telle œuvre », ajoute notre journaliste qui n’en revient tout simplement pas.
Nos autorités religieuses et politiques ne semblent pas être intéressées à protéger ce trésor à tout prix. Face à notre riche patrimoine religieux, notre feuille de route est loin d’être exemplaire. Avons-nous tous collectivement baissé les bras ? Notre société matérialiste et nihiliste qui rêve d’effacer de sa mémoire tout ce qui pourrait lui rappeler la « terrible » période de la grande noirceur n’a même plus la volonté de sauver ses meubles !
Alors, allons-nous accepter encore une fois de vendre notre identité culturelle et religieuse au plus offrant ?
Si ce trésor national est dilapidé pour quelques millions de dollars, ce sera une honte pour notre pauvre Québec.
