Doit-on s'ajuster?
Au cours de l'été, j'ai été interpellé à quelques reprises par des personnes pratiquantes et non pratiquantes qui s'intéressent aux problèmes historiques que vit présentement notre sainte Mère l'Église.
Sans entrer dans les détails de nos discussions, il en ressortait clairement deux problématiques. Dans un premier temps, on accusait l'Église catholique de n'être plus au diapason de son époque dans de multiples dossiers: divorce, avortement, concubinage, homosexualité, mariage gai, industrie de la procréation, manipulation génétique, dogmes, interprétation de la Bible et du Credo, sacerdoce des femmes, mariage des prêtres, enseignement doctrinal du Magistère, etc.
Dans un deuxième temps, on avançait la solution miracle pour sauver l'Église de sa disparition prochaine: S'AJUSTER AU MONDE MODERNE.
Que faut-il penser de cette opinion largement répandue dans nos sociétés occidentales, chez plusieurs catholiques pratiquants et non pratiquants, ainsi que dans une partie de notre clergé québécois?
Regardons froidement les faits. Jamais dans l'histoire de l'humanité il n'y a eu un aussi grand rejet de Dieu qu'actuellement. L'impiété et l'immoralité triomphent, les désordres se multiplient et les fausses doctrines se répandent. Le chaos règne en maître un peu partout et on continue à dire que notre monde moderne est un exemple à suivre avec ses idoles, ses magouilles et ses nouveaux dieux qui sont devenus nos maîtres.
Le monde est envahi par le doute et le désespoir. Face aux lobbies de la permissivité à outrance nous avons abouti à la destruction de la famille et au massacre de la vie. Ce monde des ténèbres régit et dirige nos sociétés modernes. Il est gouverné en grande partie par des impies et des athées sans Foi, ni loi, qui désirent le pouvoir à n'importe quel prix, qui sont mus par l'appât du gain et de la richesse et qui ajustent leurs législations athées sur une immoralité sans limite. Ce monde prend de plus en plus l'allure d'un cadavre ambulant.
Notre humanité est devenue spirituellement pauvre et décadente. Elle suinte d'angoisse. Nous avons rompu avec Dieu pour accepter le pacte du diable et son empire. L'homme, qui n'est que poussière, a décidé de se déifier en se croyant maître du monde avec tous ses projets insensés inspirés par l'enfer. Notre "homo sapiens" gonflé d'orgueil court à sa perte en refusant l'éternité de bonheur qui lui est proposée. Il préfère se vautrer dans les insignifiances mondaines, les fausses lumières, le matérialisme éhonté, le relativisme populaire et le progrès érigé en dogme d'état.
Le monde contemporain est corrompu jusqu'à la moelle par l'appât du gain et de la richesse qui n'est jamais assouvi. La terre entière est recouverte des ténèbres du mal. Satan continue de séduire ce monde; il a même réussi à faire accroire à de nombreux catholiques qu'il n'existe pas. Beaucoup de loups sont entrés dans la bergerie déguisés en agneaux pour mieux ensorceler les nombreuses personnes vendues aux nouvelles valeurs à la mode et profondément accaparées par les nourritures terrestres. Tous ces gens déboussolés portent de très larges œillères; ils ne voient pas que notre monde ressemble à un volcan prêt à exploser: les systèmes politiques, économiques et religieux sont en crise. Les gouvernements passent des lois scélérates, immorales et très populaires pour contrer l'ordre naturel et massacrer le plan de Dieu qui vise à apporter à chacun le vrai bonheur.
La maladie de nos sociétés est celle de la perte de l'âme: obsessions, perversions, dépendances, perte du sens à la vie, etc. Il y a un tsunami de tristesse dans notre monde; accaparés par les frivolités, les gens n'ont plus de temps pour la réflexion profonde face aux grandes questions existentielles.
Le monde se désagrège dans d'épaisses ténèbres, car il a rejeté Dieu pour laisser les hommes instituer leurs propres lois. Avec la complicité de l'ange déchu, il a créé toutes sortes d'abominations. Les pires turpitudes et les calamités se propagent, car ce monde apostat et rebelle refuse la souveraineté de Dieu et se moque de ses commandements.
Alors, faut-il s'ajuster et s'adapter à ce monde? Sommes-nous devant une impasse infranchissable? Absolument pas! D'abord, il faut aimer ce monde, car le Christ l'a tellement aimé qu'il a envoyé son Fils unique pour le racheter.
Que nous dit l'Écriture sur ce sujet? "Allez par le monde et proclamez la bonne nouvelle à toute la création" (Mc.16, 15-16). Le Christ a été très clair quand il disait: "Le monde me hait parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises" (Jn. 7,7).
"Père, j'ai donné à mes disciples ta Parole; le monde les a haïs parce qu'ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde" (Jn. 17, 14-16).
Et St-Jean ajoute: "N'aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui puisque tout ce qui est dans le monde comme la convoitise des yeux et la confiance orgueilleuse dans les biens terrestres ne provient pas du Père mais provient du monde" (1 Jn. 2, 15-16).
"Le monde entier ne git-il pas au pouvoir du Mauvais?" (1 Jn. 5, 18). Et "Satan, n'est-il pas le père du mensonge" (Jn. 8, 44) et "le séducteur du monde entier"? (AP. 12,9) C'est très clair que "Satan agit dans le monde par haine contre Dieu" (Catéchisme de l'Église catholique No.395).
Alors, l'Église doit-elle s'ajuster aux dictats et aux caprices de notre monde moderne?
Dans la revue "l'Oratoire" (août 2011) Jérôme Martineau déclarait: "Le processus de libération entrepris par Jésus exige une présence au grand large; il exige d'être au milieu du monde et d'être LE LEVAIN DANS LA PATE". Voilà tout un programme! Ramer à contre-courant, ne plus se taire, annoncer la Bonne Nouvelle, dénoncer le mal, les mensonges, les fausses doctrines et les hérésies. Annoncer le Christ et la saine doctrine même si cela contredit les enseignements du monde; se convertir, revenir à la pratique religieuse, adhérer à la Parole de Dieu dans TOUTE SON INTÉGRALITÉ, accepter l'enseignement officiel de la Sainte Église Catholique Romaine fondée par Jésus-Christ, respecter le Magistère et les commandements de Dieu, etc. Il faut surtout résister aux folies d'un monde devenu une jungle où l'orgueil règne en maître. LE MONDE ACTUEL N'EST PAS CELUI VOULU PAR DIEU.
Sommes-nous contre le monde? Non, mais nous devons être contre les idées et les valeurs décadentes véhiculées par notre monde et être des empêcheurs de tourner en rond dans une société qui valorise le jovialisme et la jouissance tous azimuts.
Il y a un temps pour se taire et il y a un temps pour parler; il y a un temps pour proclamer haut et fort à la face du monde l'importance pour tous les peuples de se CONVERTIR. Actuellement, l'Église se meurt du silence de ses laïcs, de ses prêtres, prélats et théologiens. Ceux qui parlent fort, ce sont trop souvent les contestataires, les hérétiques et les amis du monde. Ils ordonnent à l'Église de s'ajuster aux idées du monde moderne. Pour eux la collaboration a bien meilleur goût.
Dans le journal "Jésus Marie et Notre Temps" (septembre 2011) Marie-Thérèse Chevalier n'a pas eu peur d'affirmer: "Tout ce qui est enseigné par les prêtres et les évêques en communion avec le Pape et le Magistère vient du St-Esprit et ne peut être changé au gré des membres de l'Église. De même, tout enseignement donné par un prêtre et même un évêque qui ne serait pas en communion avec le Pape et le Magistère serait faux et ne vient pas du St-Esprit, même si cela plaisait à certains membres de l'Église. Inutile d'espérer qu'un nouveau Pape ou un nouvel évêque pourrait tout d'un coup changer l'enseignement de l'Église".
Alors, inutile d'espérer une Église catholique qui va bientôt s'ajuster au monde! Les disciples du Christ doivent témoigner et ÉVANGÉLISER le monde (Catéchisme No.1533), sans faire de compromis et sans avoir peur du monde. "Sans moi, vous ne pouvez rien faire" a répété à plusieurs reprises le Seigneur. La porte LARGE du monde n'est pas la bonne porte. La vraie liberté, c'est de dire OUI à Dieu et non au monde, car au jour du jugement, le monde sera confondu.
St-Paul nous rappelle qu'il faut annoncer l'évangile à temps et contretemps. Nous devons ramer à contre-courant, car nous sommes pour le monde un signe de contradiction. Le devoir du chrétien c'est d'être esclave du Christ et non du monde; alors, notre vie et nos comportements seront fondés sur la Bible et l'enseignement de l'Église et non sur les préférences du monde, même si on est cloué au pilori. Le chrétien n'a pas peur de résister aux chants des sirènes (médias, monde. télévision, cinéma, consommation, fausses doctrines, hyper sexualisation, etc.) de notre monde.ON N'A PAS À S'AJUSTER À ÇA!
Le Christ a répété à plusieurs reprises que son royaume n'est pas de ce monde. Alors, à qui ferons-nous confiance? Au monde, à son Prince, aux gourous et aux idoles, ou au Seigneur, à sa Parole et à son Église? Quand je m'attache au monde, ma Foi est ébranlée, car le monde contredit la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.
L'Église catholique doit-elle devenir postmoderne et accepter les nouvelles valeurs à la mode prônées par notre société? Doit-elle s'ajuster au monde, comme le demandent de nombreux laïcs, prêtres et théologiens très populaires? Absolument pas! Même si le monde qualifie notre Église d'arriérée, de rétrograde, de moyenâgeuse et d'intégriste, il faut résister et la défendre sur la place publique. La mission de l'Église catholique dans le monde, c'est d'annoncer la saine doctrine et l'enseignement du Christ tout en ayant le courage de dénoncer l'enseignement du monde.
Pour le mot de la fin, je suggère au monde de s'ajuster à la Parole de Dieu et à l'enseignement du Pape et du Magistère; c'est la seule solution s'il veut se sortir du marasme dans lequel il s'enlise inexorablement depuis des décennies.
Personnellement, je veux être fidèle au Christ et à son Église, mais infidèle au monde, en attendant l'arrivée d'un monde nouveau qui pointe à l'horizon. Le monde nous crie à tue-tête: "amusez-vous", pendant que l'Église répète: "PENSEZ À DIEU PENDANT QU'IL EST ENCORE TEMPS".

